Avec la crise sanitaire, le confinement et le chômage qui en résultent, le nombre d’allocataires à la CAF des Hauts-de-Seine a augmenté. Sans ces allocations, la situation serait encore plus difficile pour certains ménages. Ils sont confrontés à une hausse du budget alloué au logement, entraînant une baisse de leur reste à vivre.

La crise sanitaire a entraîné l'appauvrissement d'une partie des ménages dans les Hauts-de-Seine, selon le Secours catholique. Un constat qui est d'ailleurs partagé par d'autres associations caritatives. Aussi, pour beaucoup, les aides offertes par ces organismes deviennent un recours indispensable. En effet, les dépenses comme l'eau, l'électricité, le gaz ou l'assurance habitation sont fixes. Et une fois qu'elles sont déduites de leurs revenus, il ne leur reste souvent plus que quelques euros pour vivre.

Avec la hausse des dépenses accordées au logement, une baisse du reste à vivre est constatée. La CAF des Hauts-de-Seine a, en conséquence, enregistré une progression du nombre de demandes d'allocations et d'aides pour se loger.


Des dispositifs d'accompagnement par les bailleurs sociaux

Les bailleurs sociaux multiplient ainsi les dispositifs d'accompagnement pour les plus démunis. Gennevilliers Habitat, l'un des bailleurs de la commune du même nom, gère 8 500 logements et a constaté une hausse des demandes d'apurement. Le nombre est passé à 66 en novembre 2020, selon son directeur, Christophe Liévin. Cela représente 30 demandes supplémentaires, comparé au chiffre le mois précédent.

Face à la situation, le conseil d'administration de Colombes Habitat Public a, pour sa part, décidé un gel du loyer. Ceci pour une révision prévue en 2021. À titre de précision, ce bailleur départemental est en charge de 9 000 logements. Quant à Hauts-de-Seine Habitat, il propose une ligne d'écoute afin d'accompagner les locataires des quelque 45 000 logements qu'il gère. Fin octobre, ce bailleur départemental enregistrait plus de 14 000 appels, avec 600 demandes de délais de paiement à traiter.

Les demandes de délais de paiement en hausse

Chez certains ménages, les dépenses ont augmenté, sans la possibilité de se rendre dans les cantines lors du premier confinement.

Selon Bénédicte Thomas, responsable départementale du Secours catholique, certaines personnes faisaient déjà leur maximum pour tenir. La crise sanitaire les a mises dans une situation plus délicate. En effet, comme elle le précise :

On peut rogner sur plusieurs postes de dépense, mais pas sur le logement.

Damien Vanoverschelde, directeur général de Hauts-de-Seine Habitat, a constaté l'apparition de nouveaux profils parmi les demandeurs de délai de paiement. Entre autres, des autoentrepreneurs, des intérimaires et des intermittents du spectacle. De plus, avec la crise sanitaire, la plupart de ceux qui travaillaient en CDD se sont retrouvés à l'arrêt.


Plus de 3 000 nouveaux inscrits à la CAF

Pour éviter les dettes, certaines familles décident de réduire la part de dépenses consacrée à l'alimentation. Afin de subvenir à leurs besoins, beaucoup comptent également sur les associations caritatives et les allocations de la CAF. Ce cas serait même devenu typique de la région.

En effet, les dépenses en logement pèsent de plus en plus sur le budget des ménages déjà durement frappés par la crise. Cela diminue leur reste à vivre. Ceux qui occupent un logement dans le privé sont les plus affectés.

À la CAF des Hauts-de-Seine, le nombre de nouveaux inscrits a augmenté de 10 % au cours des 6 premiers mois de l'année. Fin 2019, l'organisme comptait 31 200 bénéficiaires du RSA et 109 000 personnes avaient droit à l'APL.