En novembre dernier, Franceinfo a publié une étude Ifop mettant en avant le problème des logements étudiants en France. Ce sondage a été commandé par l'association Chemins d'avenirs et la Fondation Jean-Jaurès. Les résultats indiquent qu’un foyer français sur deux n'est pas en mesure de financer le logement d’un enfant étudiant hors de sa région.

L'assurance habitation étudiant est loin d'être le premier souci des familles qui ne disposent pas des moyens pour financer le logement de leurs enfants tout au long de leur parcours universitaire. En effet, ils sont nombreux à ne pas avoir les moyens d'étudier en dehors de leur localité d'origine. Pourtant, ce paramètre est déterminant pour l'avenir des étudiants.

Ce problème est malheureusement commun à près de la moitié des foyers dans l'Hexagone. De plus, la précarité des étudiants ne cesse de s'aggraver sur tout le territoire. À Lyon, l'un d'entre eux a même fini par s'immoler pour dénoncer cette situation problématique.


Un problème trop fréquent en France

Menée entre le 10 et le 15 octobre dernier, l'enquête Ifop a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif de la population comptant 1 000 participants âgés de 17 à 23 ans. Les sondés ont répondu à un questionnaire en ligne.

Dans le cadre de cette étude, les enquêteurs ont demandé aux jeunes si leurs parents pouvaient ou avaient pu leur financer un logement pour leur permettre de poursuivre des études loin de leur ville ou village natal. Dans 48 % des cas, la réponse était négative, démontrant ainsi l'ampleur du phénomène.

Pour remédier à ce problème, l'exécutif projette de créer un numéro d'appel dédié d'ici la fin de l'année. Les étudiants pourront ainsi se renseigner sur les diverses aides destinées à les aider à surmonter leurs difficultés financières.

Il faut savoir que les caisses consacrées aux dispositifs au profit des étudiants disposent encore de plus de 15 millions d'euros non utilisés par an. Le manque d'information des premiers concernés est donc flagrant. Cela dit, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a exclu d'emblée l'éventuelle revalorisation des bourses des étudiants.

Des blocages affectant surtout les jeunes issus des zones rurales

Le sondage Ifop a aussi montré d'importantes disparités sur le plan territorial. En effet, 47 % des jeunes issus des centres-villes affirment que leurs familles n'ont pas les moyens de les envoyer étudier dans des établissements situés loin de leur région. Ce taux augmente à 56 % pour les sondés habitant en zone rurale.


La fondatrice de l'association Chemins d'avenirs, Salomé Berlioux, a toujours dénoncé cette situation. Actuellement, elle mène une mission de réflexion initiée par le ministère de l'Éducation nationale et focalisée sur les jeunes des villages.

D'autre part, 31 % des sondés ont affirmé avoir renoncé à une formation à cause de la distance de l'établissement avec leur domicile. Enfin, pour 52 % des répondants, le lieu de résidence des parents a été décisif dans le choix de leur orientation scolaire, puis universitaire.

Dans ce contexte, les initiatives du gouvernement visant à mieux informer les jeunes peuvent faciliter l'accès aux financements dédiés et encourager la mobilité des étudiants. Ce programme est aussi susceptible, dans une certaine mesure, de tempérer la crise du logement étudiant en France.