L’Agence départementale de l’information pour le logement (Adil) vient de mener une étude sur les loyers impayés. Les chiffres qui en ressortent indiquent une dégradation de la situation économique des ménages en France. Ce constat concerne autant les locataires que les propriétaires. Le fait est que ces derniers ne sont pas à l’abri des défauts de paiement.

Le bail de location est parfois conclu sur la base de la confiance entre le propriétaire et le locataire. Ce faisant, certains bailleurs omettent de demander une caution aux nouveaux occupants. Cette décision n'est pourtant pas sans risque. En témoignent les demandes reçues par l'Agence départementale de l'information pour le logement (Adil). D'ailleurs, l'organisme fait part d'une hausse du nombre de propriétaires qui la sollicitent au cours des dernières années. Et ce, pour des loyers qui n'ont pas été versés. Pourtant, il existe des dispositifs de couverture pour se protéger. L'Adil relève par la même occasion une augmentation du nombre de bailleurs en situation de précarité.


Un risque limité grâce à la garantie Visale

Un rapport émis par un parlementaire français en décembre 2020 avait déjà mis l'accent sur cette situation de précarisation. Il indique que 85 % des bailleurs privés sont propriétaires d'un seul ou deux logements. Et ce, sur un total de 7 millions. L'étude souligne également que le loyer représente le principal revenu de ces individus.

La plupart ignorent pourtant les solutions de garantie, selon l'Adil. La majeure partie préfère compter sur une confiance mutuelle. Il suffit cependant de consulter un comparateur assurance habitation pour disposer d'une couverture contre ce type de risque.

En France, les propriétaires bailleurs peuvent aussi s'appuyer sur la garantie Visale. Ce dispositif les protège des locataires qui se retrouvent dans l'incapacité de s'acquitter du loyer. Offrant une prise en charge d'un montant de 1 200 euros, il va jusqu'à 1 500 euros en région francilienne. Toutefois, il ne peut pas excéder l'équivalent de 36 mois de loyers non-versés.

La garantie Visale concerne le parc privé et les logements servant de résidence principale. Autrefois destinée aux jeunes de 18 à 30 ans, elle a été étendue en juin 2021. Dorénavant, elle peut être demandée pour les salariés âgés de plus de 30 ans. À condition que le revenu net mensuel ne dépasse pas 1 500 euros. L'autre alternative consiste à exiger une caution au locataire.

Un groupe constitué majoritairement par des personnes à revenus modestes

Un bailleur ne peut pas associer la garantie Visale à une assurance logement ou une caution. Recourir à l'une de ces trois solutions permet néanmoins de maîtriser les risques. En 2021, 50 144 bailleurs ont approché l'Adil pour des impayés.

Ce chiffre reflète une baisse si l'on compare à celui de 2020 où il était à environ 53 000. Il témoigne cependant d'une hausse de 6 % en comparaison des données de 2019. L'Adil attribue la croissance constatée en 2020 à la crise sanitaire. En effet, suite à la pandémie, l'organisme a été sollicité par de nouveaux profils. Ceux-ci incluant les auto-entrepreneurs, les commerçants et les étudiants.

La même année, il dénote une augmentation de la précarité chez les locataires autant que les propriétaires. Ce même rapport révèle que 17 % des bailleurs qui consultent l'Adil perçoivent des minimas sociaux. 26 % des personnes ayant demandé une aide en 2021 sont des bénéficiaires de ces prestations sociales. Cette proportion était de 24 % en 2019 puis 22 % en 2020.

Enfin, plus d'un tiers des requêtes reçues par l'organisme provient de propriétaires âgés de 60 ans et plus. Elles concernent des impayés ou des retards pour le versement du loyer. Il faut savoir que pour ces bailleurs, le loyer constitue un complément de la pension retraite.