Le gouvernement s’est engagé à lutter contre les passoires thermiques, ces logements très mal isolés et classés E et F au DPE (diagnostic de performance énergétique). La tâche s’annonce toutefois plus compliquée que prévu.

Jusqu'ici, l'exécutif parlait de 4,8 millions de passoires thermiques en France, mais ce chiffre serait largement sous-évalué. En effet, avec la nouvelle formule du DPE en vigueur depuis juillet 2021, près de 9 millions de logements sont désormais considérés comme tels.

Avec la loi climat qui prévoit l'interdiction à la location de ces habitations très énergivores d'ici les prochaines années, les observateurs redoutent une grave crise sociale.

Les passoires thermiques seraient plus nombreuses que ce qui a été annoncé

Avant, le rôle du DPE se limitait à informer l'occupant de la consommation énergétique de son logement.

Mais depuis que le gouvernement s'est fixé comme objectif de débarrasser le parc immobilier de ces passoires thermiques, le fameux diagnostic a gagné en importance. Non seulement il intègre de nouveaux critères, mais il peut également servir de pièce justificative auprès du tribunal en cas de litige.


Le problème réside dans le fait qu'avec la nouvelle formule du DPE, le nombre de logements pouvant être qualifiés de « passoires thermiques » (notés F ou G) a presque doublé. Il est passé de 4,8 millions à environ 9 millions.

Un budget qui doit être revu à la hausse

S'étant fixé comme objectif d'en finir avec les passoires thermiques d'ici 2028, avec cette nouvelle donne, le gouvernement devra surement revoir sa copie.

Les observateurs étaient déjà sceptiques quant à la faisabilité du premier projet qui était de rénover 3 millions de logements avant la date butoir. Avec 4 millions de bâtiments supplémentaires à remettre aux normes, la tâche parait insurmontable.

Après se pose le problème du budget. Pour aider à la rénovation, le gouvernement avait prévu de débloquer une enveloppe de 2 milliards d'euros par an.

Mais d'après les calculs des observateurs, pour les 5 prochaines années, il faudrait trouver pas moins de 160 milliards d'euros pour se donner une chance d'atteindre les objectifs fixés.

Des logements qui doivent repasser l'examen

À l'heure actuelle, de nombreux logements ont été diagnostiqués avec l'ancienne formule. Leurs propriétaires devront donc solliciter de nouveau le professionnel chargé du DPE pour refaire l'examen.

Du résultat de ce dernier dépendront les prochaines démarches du propriétaire, sachant que si son logement était déclassé et qu'il décidait de le vendre, le prix du bien risquerait de subir une décote importante.

S'il décidait de poursuivre la location, il devrait procéder à des travaux de rénovation, sans oublier de souscrire une assurance habitation en ligne, toujours nécessaire pour se prémunir d'éventuels risques liés aux travaux ou à l'investissement même.