Dans l’Hexagone, l’on dénombre environ 3,5 % de biens vacants dans le parc privé depuis plus de 24 mois. Entre chaque ville, les écarts s’avèrent parfois étonnants. Dans les Abymes par exemple, le taux d’inoccupation de longue durée est estimé à 11,6 %. Un chiffre qui affiche une différence de 10,3 points comparativement à celui enregistré à Nantes.

Le 3 novembre dernier, le ministère de la Transition écologique a publié d'importantes données sur les logements en France. D'après celles-ci, le pays abrite un grand nombre d'habitations inoccupées. Les experts de l'immobilier peinent à se prononcer sur la cause exacte de ce phénomène. Néanmoins, certaines pistes sont fréquemment évoquées. En dépit de leur différence, celles-ci contribuent à produire un marché immobilier où beaucoup trop de foyers accèdent difficilement.

Les professionnels avancent que ce contexte découle en partie de la fraude fiscale. Une pratique surtout remarquée chez les bailleurs hébergeant des locataires dans des conditions pitoyables et ne déclarant pas leurs revenus.


Des disparités constatées d'une ville à une autre

Plusieurs copropriétés se trouvent aussi en situation difficile avec des habitations détériorées. En raison d'un manque d'entretien, s'y loger est tout simplement devenu impossible . Une autre explication apportée par les spécialistes repose sur le cadre juridique qui protège les locataires.

Le problème résiderait notamment au niveau des procédures très longues d'éviction des locataires en défaut de paiement de leur loyer. L'expulsion de ces preneurs peut durer jusqu'à deux ans, voire plus. Plusieurs bailleurs préfèreraient ainsi ne plus offrir leur bien en location. Ils attendraient le bon moment pour les remettre en vente.

En détail, le taux de vacance de longue durée (24 mois minimum) dans le parc privé s'élève à :

  • 9,2 % à Nevers ;
  • 9,9 % à Cayenne ;
  • 10,2 % à Fort-de-France ;
  • 10,7 % à Tarbes ;
  • 11,6 % dans les Abymes.

Des pourcentages qui affectent l'activité des comparateur assurance habitation. Pour information, toutes ces communes concentrent au moins 15 000 logements privés. Dans les villes à plus de 10 000 résidents, les chiffres se révèlent plus faibles, à moins de 2 %.

Près de 6 % de logements demeurent vacants depuis moins de 24 mois

Ainsi, la proportion de vacance de longue durée dans le parc privé grenoblois s'établit à 1,9 %. Pour Bordeaux Rennes, Nice et Nantes, elle recule respectivement à 1,7 %, 1,6 %, 1,5 %, et 1,3 %. Dans d'autres localités telles que Nîmes, elle semble en revanche légèrement plus considérable, avec 3,6 %. Même chose à Saint-Étienne (4,9 %) ou à Lille (3 %).


Dans les grandes métropoles, le parc privé connaît souvent un taux d'inoccupation élevé. Cependant, la fraction des habitations vacantes depuis au moins 24 mois demeure finalement relativement restreinte . Elle apparaît inférieure à la moyenne en France. En ce sens, Paris totalise 9,55 % de vacance dans son parc privé :

  • 1,6 % des logements sont restés libres depuis 24 mois ou plus ;
  • 7,9 % le sont depuis deux ans au maximum.

Plus généralement, environ 9,3 % des habitations dans le parc privé français attendent actuellement leurs occupants. Parmi elles, 3,5 % sont vacants depuis 24 mois ou plus et 5,9 % depuis moins de deux ans. Au total, le nombre de ces logements est évalué à 2,984 millions au début janvier 2019.