Alors que certaines compagnies d’assurance avaient redistribué aux automobilistes une partie des primes qu’elles ont perçues du fait d’une sinistralité en forte baisse pendant le confinement, elles semblent peu enclines à en faire autant dans le cas de l’habitation. Et ce, malgré les économies substantielles réalisées durant la même période.

Environ 226 millions d'économies sur l'assurance MRH pendant le confinement

Dans une récente étude, un courtier en assurance annonce

Une décrue conséquente des sinistres couverts par les contrats multirisques habitation pendant le confinement.

Sur la garantie « vol », le montant des indemnisations aurait diminué de 75 % en moyenne, tandis que les dommages causés par autrui se sont réduits de 70 % grâce à l'occupation des logements, de jour comme de nuit. Pour les dégâts des eaux et les incendies, les taux de chute des sinistres sont moindres, mais restent non négligeables à 30 % et 27 % respectivement. Ce repli a été permis par une plus grande réactivité des Français, pratiquement toujours présents à leur domicile.


L'enquête estime ainsi à 226 millions au total les économies réalisées par l'ensemble des acteurs du secteur sur l'assurance habitation.

Pour autant, il semble que ces derniers ne soient pas prêts à reverser une partie des cotisations à leurs assurés ou sociétaires, à appliquer des remises ou encore à geler leurs tarifs pour 2020, voire 2021, gestes qu'elles avaient pourtant consentis pour les clients de l'assurance auto. Même s'il ne s'agissait que de quelques dizaines d'euros pour beaucoup, les consommateurs ont apprécié dans un contexte économique difficile.

Une prudence justifiée par l'incertitude concernant la crise et la météo

Les assureurs expliquent leur prudence par « le manque de visibilité sur l'impact réel de la crise et des éventuels évènements climatiques sur le MRH d'ici la fin de l'année ».

Les caprices de la météo peuvent en effet se produire à tout moment et occasionner des désastres comme des inondations, des dégâts des eaux causés par le gel des canalisations ou encore des problèmes électriques dus à la foudre.

Si les courtiers et les ménages sont déçus, des spécialistes du sujet jugent la position des assureurs compréhensible.

C'est le cas de Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures, qui déclare

N'avoir reçu aucune information de la part des clients du cabinet de conseil concernant un effondrement de la sinistralité.

Par ailleurs, la présence quasi permanente des personnes dans les logements n'est pas totalement dépourvue d'inconvénients, avec un risque accru d'incendies, dont le coût est particulièrement élevé pour les compagnies. Enfin, les Français affectés par la probable récession en France vont baisser les dépenses en entretien des biens immobiliers, avec une hausse des sinistres à la clé à moyen terme.

Pour cet expert, dans l'hypothèse d'une sinistralité vraiment faible,

Les mutuelles se contentent la plupart du temps d'une suppression de la franchise pour leurs clients touchés par les catastrophes naturelles.