À moins qu’un bien immobilier ne soit implanté dans une localité où l’offre ne suit pas la demande, le DPE (diagnostic de performance énergétique) impacte son prix. C’est ce que révèle une étude réalisée par SeLoger. Ainsi, les acheteurs tiennent réellement compte de la valeur verte d’un logement dans certaines communes. Explications.

Le DPE est obligatoire en France depuis le 1er janvier 2011. Il s'agit d'un bilan de la consommation énergétique d'un logement et de ses émissions de CO2. Sa réalisation implique un coût que les propriétaires doivent prévoir en plus des primes d'assurance habitation s'ils en ont souscrit une.

À l'issue d'un DPE, un bien immobilier se verra octroyer une étiquette énergie et une étiquette climat allant de A à G. Cette catégorisation est de plus en plus déterminante dans le prix d'un logement dans l'Hexagone. Cette situation est notamment constatée lorsque l'habitation n'est pas proposée sur un marché immobilier tendu.

Les biens affichant une faible performance énergétique coûtent parfois plus cher que les logements vertueux

La performance énergétique d'un bien reste un critère secondaire lorsque l'offre en matière de logements est moins importante que la demande. En atteste la différence de prix entre des habitations classées A et E qui ne s'établit qu'à 1,6 % à Paris. Ainsi, sur un marché immobilier tendu, les acheteurs se rueront toujours sur un logement bien que sa performance énergétique soit médiocre.


L'étude de SeLoger montre même que l'écart de tarifs est susceptible de s'inverser. Ce phénomène survient particulièrement quand il est question de constructions anciennes se trouvant en centre-ville. Dans ce cas, la valeur de la localisation l'emporte sur la performance énergétique. Par exemple, il existe des biens catégorisés E dont le prix est 4 % plus élevé que celui de logements étiquetés A à Bordeaux. Dans cette ville, le mètre carré peut coûter 4 907 euros pour les premiers, contre 4 529 euros pour les seconds.

De même, un bien classé E est 26 % plus onéreux qu'une habitation indiquée A à Rennes. Ce phénomène est également retrouvé à Caen où la différence de prix entre les deux types de logements s'élève à 12 %.

Une valorisation qui ne repose seulement pas sur la performance énergétique

Dans certaines communes, les biens écologiques coûtent plus cher que les logements dont la performance énergétique est faible. Tel est notamment le cas à Saint-Étienne où le prix d'un bien classé A est 68 % plus important que celui d'un autre catégorisé E. Il s'agit de la plus-value la plus élevée observée pour une habitation vertueuse.

La différence de prix entre ces deux types de biens se chiffre à :

  • 59,2 % à Perpignan ; 
  • 56,8 % à Strasbourg ; 
  • 35,9 % de Montpellier ; 
  • 33,6 % à Marseille.

Les experts précisent toutefois que la valeur verte d'un logement doit être relativisée. Un haut responsable au sein du Cabinet Humbert explique :

Ce n'est pas uniquement parce qu'un logement passe d'un DPE « E » à un DPE « A » que son prix au mètre carré augmente, mais plutôt parce qu'il a été entièrement refait. La valorisation d'un bien ne résulte pas uniquement de l'amélioration de son DPE, mais de l'ensemble de travaux de rénovation qui y auront été réalisés. […]

En somme, la valorisation d'un bien ne dépend pas uniquement du DPE. Sa localisation et le contexte sur le marché immobilier sont même plus décisifs.