L’impact de la crise sanitaire sur les revenus des ménages commence à se faire sentir durement en France. Si le volume des loyers impayés a légèrement augmenté après le premier confinement, l’Anil constate une amplification du phénomène depuis le début du reconfinement. La sollicitation des locataires sur les impayés a en effet progressé de +15 % d’après le baromètre publié par l’agence le 5 novembre dernier.

Devant cette situation alarmante, plusieurs associations qui s'attendent à plus de difficultés dans les mois à venir demandent la mise en place des mesures visant à aider les locataires les plus précaires à s'acquitter de leurs loyers et à garder leurs logements.

La Confédération nationale du logement, pour sa part, suggère un moratoire sur l'augmentation des loyers et sur l'expulsion locative. Selon son président, Eddie Jacquemart, cette suspension devrait s'appliquer sur l'ensemble de l'année 2021.

Limiter le nombre de procédures d'expulsion

L'observatoire des impayés lancé le 16 novembre dernier par la ministre du Logement aura pour mission d'évaluer l'ampleur du phénomène, mais celui-ci ne semble pas pouvoir résoudre le problème des loyers impayés qui tend à s'aggraver.


Pour les associations, l'enjeu est de limiter le nombre de procédures d'expulsion, et pour cela, il faut des mesures concrètes, comme l'instauration d'un moratoire ou encore la création d'un fonds destiné à aider les locataires en difficulté. Il faudrait environ 200 millions d'euros pour éviter une explosion des risques d'impayés, selon la Fondation Abbé Pierre.

En principe, l'assurance habitation locataire ne couvre pas les loyers impayés. Les locataires peuvent néanmoins souscrire la garantie Visale proposée par Action Logement. Celui-ci se charge d'indemniser directement le bailleur en cas d'impayés.

Hausse significative d'appels à l'aide dans certains départements

D'après l'Agence pour l'information sur le logement, la hausse des appels à l'aide venant des locataires est plus significative dans certains départements. Ceci concerne la Seine-Maritime, les Bouches-du-Rhône, Paris, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis.

Les sollicitations proviennent en grande partie des salariés du secteur privé et des personnes ayant subi une perte de revenus à cause de la crise.