Deux ans après son instauration, le plafonnement des loyers peine à s’imposer dans la Ville Lumière. C’est ce qu’ont découvert la Ville de Paris et la Fondation Abbé Pierre au terme d’une étude. D’après eux, plus d’un tiers des annonces affichent un dépassement des plafonds de loyers fixés par la loi.

À Paris, le plafonnement des loyers a été instauré deux ans plus tôt. Cependant, les agences immobilières comme les propriétaires de biens passent outre le dispositif. Etant donné cette situation, le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre (FAP) suggère de passer au stade suivant. Pour Manuel Domergue, le temps est venu de mettre en place des mesures de sanctions. Pour cause, les propriétaires semblent ne pas craindre la règle de limitation des loyers.

Signe de cette absence de peur, le nombre de ceux qui l'enfreignent s'avère très élevé. La Ville de Paris et la FAP ont dressé ce constat dans un baromètre.


Les excès concernent surtout les petites habitations

Portant sur l'alignement au plafonnement des loyers dans la Ville Lumière, celui-ci a été publié le 29 novembre 2021. Il révèle notamment que mensuellement, 196 euros d'excès en moyenne sont enregistrés dans les arrondissements les moins abordables. En une année, le dépassement s'élève donc aux environs de 2 400 euros. Dans les 16e, 9e, 7e et 1er, explique Manuel Domergue :

[…] Les propriétaires savent qu'ils vont trouver les locataires même s'ils pratiquent des loyers indécents.

Dans ces quartiers, cette situation pourrait toutefois se répercuter négativement sur la capacité des locataires à supporter d'autres charges. Relativement à ce problème, comparer plusieurs devis assurance habitation avant d'en souscrire peut aider à trouver un prix moins dispendieux.

Plus globalement, résider à Paris est devenu extrêmement difficile pour un jeune diplômé ou un étudiant à modeste revenu. La faute aux loyers, en général très onéreux. D'après le directeur des études de la FAP :

On retrouve un pourcentage de dépassement plus important sur les petits logements, les studios, les deux pièces parce qu'on sait que c'est là aussi qu'il y a une demande très forte.

La Ville Lumière se caractérise déjà par des prix élevés

Il dévoile également un fait important observé entre les mois d'août de 2020 et 2021. Et d'ajouter que 35 % des annonces locatives diffusées dans cet intervalle violent les seuils de loyer en vigueur. Pour précision, ce pourcentage a été obtenu après vérification de 15 000 publications de mise en location. Le responsable poursuit :

Les 35% d'annonces qui sont au-dessus [des plafonds] sont vraiment des loyers qui deviennent aberrants.

À ce propos, 22 % des publications sur Leboncoin violent la règle d'encadrement des loyers, contre :

  •  54 % sur le site Particulier à Particulier (PAP) ;
  •  7 % chez Foncia ;
  •  23 % sur la plateforme de la Fédération Nationale de l'Immobilier (FNAIM) ;
  •  45 % sur Orpi.

Dans ce contexte, le tarif/m² d'un logement s'établit pourtant déjà aux alentours de 13 000 euros dans certains arrondissements parisiens. Et en moyenne, la pierre se négocie approximativement autour de 10 000 euros. Des prix qui rendent particulièrement laborieuse la recherche d'habitation dans la capitale.