Après une décennie de hausse tendancielle, la majorité des assureurs français ont décidé de ménager un peu leur clientèle en tenant la bride à leurs tarifs pour l’an prochain. Une bonne nouvelle qui devrait ravir plus d’un. D’autant que les compagnies ont fort intérêt à procéder ainsi à cause de la concurrence qui s’est renforcée suite à l’instauration de la loi Hamon.

Une nouvelle année implique généralement des changements. Et les grilles tarifaires ne font pas exception à cette règle, notamment celles des assureurs automobile et habitation qui vont réviser à la hausse leurs prix pour 2020.

Une augmentation qui devrait, toutefois, rester limitée, à en croire les estimations d'un site expert en comparaison d'offres assurancielles. Recensant pas moins de six millions de tarifs, ce dernier prévoit un rehaussement respectif de 0,5% et 1%.

vLe marché à forte concurrence y est sans doute pour quelque chose. Ce qui n'empêche pas pour autant certaines disparités d'exister. Des segmentations qui se reposeraient sur le profil de risque et qui dépendraient également du profil des adhérents.


Une décennie de hausse qui a eu ses raisons

En l'espace de dix ans, les coûts des couvertures de voiture et de bien immobilier - incluant l'assurance habitation locataire et propriétaire – ont tellement flambé que la hausse décennale s'estime à hauteur de 35%.

Plusieurs raisons peuvent être attribuées à cette tendance haussière, notamment le nombre de cambriolages qui s'est accru ne serait-ce que légèrement : de 5 à 10% depuis le début de l'année, selon les données statistiques de Facts and Figures. L'agence révèle également une légère augmentation, en ce qui concerne le nombre d'incidents routiers.

Ce qui rend plus chers les remboursements de sinistres, sans oublier le coût afférent au profil à risque des assurés. Ce, en raison des nouvelles technologies, entre autres l'électronique embarquée dans les voitures, qui rendent les biens à assurer plus sophistiqués et, de ce fait, plus dispendieux tant à l'achat qu'à la réparation.

L'impact négatif des taux très bas, voire négatifs, doit être aussi pris en compte dans cette continuelle hausse, d'après Manuel Arrivé, un analyste crédit pour l'agence de notation Fitch. Le fait est que ce contexte empêche les établissements d'assurance de faire fructifier, par le biais d'un investissement quelconque, les primes qu'ils perçoivent de leurs clients.


Des hausses modérées pour la majorité

Toujours est-il qu'après une décennie de hausse, une certaine modération des tarifs est on ne peut plus la bienvenue. D'autant plus qu'en dépit de la situation actuelle, les assureurs sont loin d'essuyer des pertes, au fond. Surtout qu'en comparaison avec les chiffres de 2018, les sinistres à dédommager dus à de gros événements climatiques sont moins élevés.

Par ailleurs, outre le fait que la confédération du logement met la pression sur les compagnies d'assurance habitation pour qu'elles maintiennent leur prix pour l'an prochain, la concurrence suscitée par la loi Hamon est une raison suffisante pour modérer l'évolution des cotisations. Notamment, les assureurs auto qui font de cette couverture leur produit d'appel.

En effet, les assurés insatisfaits des conditions qu'on leur a proposées sont tentés d'aller voir ailleurs. Et le dispositif les y autorise. C'est ainsi que les assurances autos et habitation ne devront augmenter que de 0,5% et 1% en moyenne à partir de janvier. À titre d'exemples :

  •  Un conducteur de 40 ans résidant à Bordeaux verra ses cotisations augmenter de seulement un euro (353 euros par an en moyenne) ;
  •  Un couple de retraités devra débourser 4 euros de plus (494 euros) ; 
  •  Un étudiant louant un logement en région parisienne sera facturé de 2 euros supplémentaires ; 
  •  Un couple de retraités, propriétaires d'une résidence niçoise, aura à payer 4 euros de plus que l'année précédente (356 euros).

À l'exception près de deux assureurs, l'Axa et la Maif, qui seront moins timides dans leur révision de prix. Pour la première, l'assurance de maison coûtera, en 2020, 2% de plus pour ses adhérents tandis que leurs voitures seront couvertes pour 1% supplémentaire. La seconde, quant à elle, facturera le même tarif qu'Axa pour les contrats habitation et 1,25% de plus pour les autos.