La crise sanitaire a augmenté le nombre de commerces convertis en habitations à Paris. Cette option séduit d’ailleurs les acheteurs, principalement pour le prix. Cependant, comme le souligne Corinne Jolly, présidente de la plateforme Pap, il faut bien choisir l’emplacement. Il existe également des formalités administratives à réaliser avant de pouvoir s’installer.

Frappés par la crise du Covid-19, les propriétaires parisiens n'hésitent pas à convertir leur local commercial en logement à louer. Cette pratique n'est pas interdite par la loi, mais implique un ensemble de démarches administratives.

Les taxes changent également, sachant qu'un commerce et un logement sont soumis à des réglementations différentes. Pour le premier, la contribution économique territoriale (CET) s'applique. En revanche, pour un logement, les propriétaires doivent payer les taxes foncière et d'habitation. En ce qui concerne l'assurance habitation, ils doivent l'adapter à leur situation dès l'installation. Le règlement de copropriété est un autre point à ne pas oublier.

Des démarches parfois longues

Selon Corinne Jolly, présidente de la plateforme Pap, obtenir une autorisation pour transformer un commerce en habitation est loin d'être complexe. Surtout à Paris, où la pénurie de logements reste problématique. Exception faite pour les zones protégées.


Dans un premier temps, il faut vérifier que le plan local d'urbanisme autorise le projet. Si c'est le cas, le propriétaire peut déposer une demande de changement de destination au service d'urbanisme de la mairie. Elle peut être envoyée avec la demande d'autorisation préalable de travaux ou de permis de construire, si une rénovation est prévue.

Il faut ensuite s'adresser à la copropriété, sachant que le règlement peut l'interdire. En cas d'opposition, le propriétaire peut demander un changement de destination. Mais il doit obtenir l'accord à l'unanimité.

Les démarches peuvent être longues, prévient la présidente de Pap. Mais les acheteurs peuvent réaliser de très bonnes affaires. Pour beaucoup, il s'agit même d'une solution pour bénéficier d'un prix plus accessible que celui de l'immobilier classique.

Aussi, d'après Mickaël Abitbol, travaillant chez Moriss Immobilier, les demandes sont nombreuses. Elles proviennent notamment de personnes qui n'ont pas le budget pour acheter sur le marché traditionnel. On distingue également celles qui recherchent un logement pour une location saisonnière.

Un prix variable en fonction de la localisation

Acheter un local commercial permet de passer outre les obligations des 120 nuitées maximum à respecter sur une année. Avec le Covid-19, il y a eu moins de suivi, mais les mairies restent sur leurs gardes.


Bien entendu, le prix varie en fonction du quartier et de l'emplacement. Corinne Jolly recommande ainsi d'éviter les rues très passantes et de privilégier celles où il y a très peu de circulation. En outre, peu d'acheteurs s'intéressent aux rez-de-chaussée. Leur prix est donc moins élevé.

Cela dit, il faut toujours se préparer aux travaux qui sont nécessaires pour rendre le local habitable. En effet, sur le marché, on trouve différents types de commerces, des cafés, des boulangeries ou encore des galeries d'art. Tous sont proposés à la vente et peuvent être convertis en logements.

Cette pratique ne date pas d'hier. Mais elle a pris de l'ampleur depuis le premier confinement. Selon Philippe Renault, de Porcher Immobilier, la vente constitue une alternative pour les propriétaires en manque de rentabilité. Dans certains cas, ils optent pour la location classique ou meublée, bien qu'ils ne puissent pas générer le même revenu.