Les saisons vont et viennent avec les importantes tombées de neige, les grosses chaleurs et les fortes pluies qui les accompagnent. Et force est pourtant de constater que les changements climatiques impactent sur l’état des habitations, occasionnant ces derniers temps des fissures au niveau des murs. Une situation qui inquiète de plus en plus de propriétaires, d’autant que bon nombre d’entre eux ont les mains liées face à ce risque.

Si les dommages causés par une inondation sont immédiatement ressentis, faisant réagir rapidement tous les concernés, ce n’est pas le cas pour les effets de la sécheresse.

C’est la raison pour laquelle l’impact des grandes vagues de chaleur estivale sur les habitats a toujours été ignoré. Pour autant, l’effondrement d’immeubles à Marseille, en novembre 2018, a tiré les sonnettes d’alarme.

Dorénavant, la dégradation des habitations est devenue un sujet de préoccupation majeur. Surtout que plus de quatre millions de logements, éparpillés sur plusieurs régions de la France, seraient aujourd’hui concernés.

Pis encore, toutes les solutions envisageables - demander une indemnisation auprès des assureurs, réparer le bien ou le vendre et déménager - présentent des inconvénients.


La meilleure des solutions serait alors de diagnostiquer en amont la nature du sol où sera implantée la résidence. Une démarche qui est d’ailleurs rendue obligatoire depuis près d’un an.

La sécheresse est tout aussi dévastatrice que les inondations

Ces derniers temps, le réchauffement climatique est tel que les habitats ressentent douloureusement ses impacts. La gravité des sinistres occasionnés vient même à se positionner derrière ceux dus aux grandes crues qui sont valorisés à 16 milliards d’euros. En effet, leur coût s’estime à 8 milliards d’euros au cours de ces 25 dernières années.

Et il faut avouer que les pertes se sont accélérées davantage durant les quatre années précédentes, avec une prise en charge annuelle des pourvoyeurs d’assurance habitation s’élevant entre 700 et 800 millions d’euros. Au directeur des assurances de biens et de responsabilité à la FFA (Fédération française de l’assurance), Stéphane Pénet, de souligner :

« À l’horizon des 25 prochaines années, si rien n’est fait, la sécheresse va devenir le sinistre dont le coût va croître le plus rapidement, de l’ordre de 150%. Le coût sera d’environ 21 milliards d’euros contre 38 milliards pour les inondations ».

De fait, la sénatrice Nicole Bonnefoy a révélé, en juillet dernier, dans son rapport sur la gestion des risques climatiques que le nombre de logements éventuellement menacés remontait à plus de quatre millions.

Par ailleurs, il s’avère que les demandes de reconnaissance en rapport avec la sécheresse avoisinaient les 43% entre 2012 et 2018, si elles s’élèvent à hauteur de 52% pour les inondations.


Concrètement, tout commence par des fissures quelque peu négligeables dues au gonflement des sols argileux suite à l’humidité hivernale auquel se succède leur rétrécissement du fait des périodes caniculaires. Progressivement, les dégâts s’amplifient alors jusqu’à menacer les fondations. Avec cela, les problèmes d’étanchéité à l’air ou à l’eau.

Les propriétaires se retrouvent dans une impasse

Le risque d’effondrement est à l’ordre du jour pour bon nombre d’habitants qui comptent, chaque année, plusieurs dizaines de milliers à s’inquiéter de voir leur maison se détériorer. Force est pourtant de constater qu’ils sont démunis face à cette situation.

Certes, il y a bien quelques solutions qu’ils peuvent envisager, notamment procéder à des travaux de réparation. Mais le coût est difficilement abordable, à raison de 35 000 à 75 000 euros en moyenne, selon les estimations de Nicole Bonnefoy. Il est possible de ne repenser que les cavités, mais l’instabilité de l’habitat reste à régler.

Sans compter que la consolidation de la maison coûte à elle seule près de 25 000 euros. Ce qui n’est pas évident pour les ménages à revenus modestes, et encore moins les foyers de retraités qui touchent quelques milliers d’euros par mois seulement.

Une autre alternative existe aussi : se faire indemniser par son assureur quoique l’attente soit longue avant de pouvoir bénéficier d’un remboursement. Comme l’explique si bien Stéphane Pénet :

« Contrairement à une inondation où les dégâts sont immédiats, les sinistres liés à la sécheresse sont plus lents et donc la procédure d’indemnisation plus longue. Elle dure en général six mois voire un an (contre deux mois en moyenne pour une inondation) ».

Les propriétaires seront alors tentés de céder leurs biens, mais dans leur état de délabrement, ils sont pour ainsi dire « invendables » en raison des rabais réclamés par les futurs acquéreurs équivalant au coût des travaux estimés.

Pour éviter tous ces tracas, il est recommandé, voire exigé par la loi depuis novembre 2018, d’évaluer l’état du sol avant toute ouverture de chantier.

Et les quelque 1 000 euros d’investissement en matière de diagnostic (selon le ministère de la Cohésion des territoires) valent largement mieux que les charges dispendieuses afférentes aux réparations.