Un nouveau modèle de coopératives d’habitation a fait son apparition à Zurich afin de remédier aux problèmes de logement liés à la cherté des loyers. Baptisé Kalkbreite, le nouveau laboratoire urbain séduit de nombreux visiteurs tous les ans. Il s’inscrit dans la continuité du mouvement lancé dans les années 1990 dans la même ville pour la gentrifier.

Des logements plus abordables dotés d’une architecture en harmonie avec le paysage urbain et où vivent des locataires respectueux de l’environnement. C’est ce qui caractérise la génération actuelle de coopératives qui se veut une solution à la hausse des loyers à Zurich. Comme l’illustre Kalkbreite, le modèle se développe dans la ville alors que le secteur est très encadré.

Le phénomène a débuté en 2014 et ne ressemble en rien à ce qui est observé dans d’autres villes européennes. Dans ces dernières, les logements HLM restent habités par des personnes à revenus modestes qui doivent obligatoirement disposer d’une assurance habitation.

Un modèle naissant d’appartements à but non lucratif qui s’adapte aux besoins actuels

En 2018, Zurich a enregistré 3?300 logements neufs supplémentaires par rapport aux années 60. 45 % d’entre eux sont d’intérêt public, indique la spécialiste du développement urbain, Anna Schindler.


L’ensemble des habitations d’intérêt public recensées dans la ville s’élève à 26,8 %, soit une exception sur le territoire helvétique. Par ailleurs, 20 % d’entre elles sont conçues suivant le modèle coopératif.

Anna Schindler souligne que les coopératives sont invitées à densifier le parc. Quant aux promoteurs, il leur est demandé d’intégrer davantage d’appartements d’utilité publique dans leurs plans. Pour l’heure, ces logements ne sont encore que quelques dizaines.

À l’instar de Kalkbreite, le modèle coopératif dans sa nouvelle version répond aux problématiques actuelles, selon l’architecte français Martin Lepoutre qui est établi à Zurich. D’ailleurs, le modèle est particulièrement plébiscité dans la ville, comme l’indique une enquête réalisée en 2011.

Comment la vie urbaine se réinvente-t-elle ?

L’immeuble de la coopérative Kalkbreite comprend des logements à 930 euros répartis sur huit étages. Il abrite aussi des commerces, des bureaux et un restaurant. L’idée consiste à faire en sorte que les habitants achètent le bâtiment en formant une société, ce qui propulse les intéressés au rang d’actionnaires. Le loyer collecté servira non seulement à entretenir l’immeuble, mais aussi à rembourser le prêt immobilier.

Par rapport au mouvement observé au cours des décennies précédentes, la nouvelle génération d’habitations coopératives s’adapte à la multiplication des ménages constitués d’une seule personne. Concrètement, l’espace personnel dédié aux locataires se rétrécit. En contrepartie, la sphère commune s’élargit, avec l’installation de boutiques (40 % des lieux), comme le révèle un résident.

Les coopératives d’habitation s’avèrent 20 à 25 % moins onéreuses comparées aux logements classiques. L’architecture tient compte de la politique de densification, comme le relate Martin Lepoutre. Il ajoute aussi que le modèle obéit aussi à des fins écologiques.

Par exemple, les 260 locataires ne se déplacent qu’en vélo. Enfin, les coopérateurs prennent directement part à l’amélioration de leur cadre de vie de manière démocratique.