Publier des photos sur Internet présente des risques

D’après une enquête réalisée pour le compte de l’enseigne McAfee spécialisée dans la cybersécurité, 25 % des parents postent chaque jour une photo de leurs enfants sur les réseaux sociaux. Ont-ils conscience des conséquences qui peuvent en résulter, notamment lorsqu’il s’agit de photos de vacances ?

Thomas Rohmer, qui est la tête de l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique (Open), précise que 50 % des individus sur la planète seraient connectés. Certaines photos, même privées, peuvent être accessibles à une pléthore de personnes, sans mentionner les opportunités qui s’offrent aux plateformes qui servent d’interface.

Certains acteurs peuvent profiter des photos partagées dans une visée commerciale ou cybercriminelle

Publier ses photos sur les réseaux sociaux comme Instagram ou Facebook comporte de nombreux risques, à en croire les propos des experts en la matière. Outre Thomas Rohmer, Stéphanie Lacour a mis en exergue quelques aléas de la vie impliquant toute personne connectée à Internet. Cette dernière dirige les recherches au CNRS, en plus d’être un haut responsable de l'Institut des sciences sociales du politique.


L’un ou l’autre des spécialistes avance que les photos personnelles (album de vacances, photos des enfants, photos de souvenirs entre amis…) postées pourraient :

  • Être utilisées à des fins frauduleuses avec l’avènement des technologies basées sur la reconnaissance de l’iris, déjà utilisées par exemple dans certaines banques d’après un journal français d’opinion. 
  • Servir à la préparation d’un plan de cambriolage, sachant que 10 % des personnes sondées par une étude anglaise se seraient déjà fait voler après avoir publié des photos, notamment de vacances. 
  • Être utilisées sur des sites pédopornographiques comme l’a confirmé un expert néerlandais en cybersécurité l’an passé. 
  • Faire, à l’avenir, l’objet d’un litige avec un proche lorsque le contenu publié porte préjudice, la publication d’une photo sans le consentement de la personne concernée pouvant conduire au paiement d’une amende de 45 000 euros et à une peine d’emprisonnement d’un an. 
  • Être exploitées à des fins commerciales par les réseaux sociaux, qui deviennent propriétaires des images partagées grâce aux licences qu’ils détiennent.

Le droit à l'oubli n’en constitue pas réellement un

Dans le cadre d’une étude réalisée pour la chaîne de télévision française BFMTV, Stéphanie Lacour et Thomas Rohmer ont apporté quelques conseils permettant aux internautes d’éviter de se faire cambrioler. Ils éviteront ainsi de devoir fournir à la société d’assurance multirisque habitation une quelconque déclaration.

Les suivre éviterait également de se retrouver, quelques années plus tard, face à une situation embarrassante. Stéphanie Lacour précise que les images ne disparaissent pas complètement, même après avoir été effacées :

« Une photo peut disparaître momentanément d'Internet, mais elle peut tout à fait être conservée sur un disque dur ou transférée sur un autre site et stockée sur des serveurs… Il n'y a aucun moyen de contrôler ce qui est diffusé sur Internet. Et il n'y a aucun moyen de vérifier que ce que vous voulez retirer ne soit plus en ligne et ait réellement disparu ».

À ces solutions s’ajoutent les suggestions de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). En voici la liste :

  • Vérifier les conditions d’accessibilité aux images afin de s’assurer que seules les personnes à qui elles sont adressées peuvent les consulter. 
  • Éviter de détailler le lieu où a été prise la photo, ainsi que la période à laquelle elle a été prise. 
  • S’interdire de poster des photos qui révèlent directement la durée du séjour, par exemple les clichés des billets d'avion. 
  • Effacer les images qui mettent en avant des biens précieux ou des objets de valeur. 
  • S’empêcher de publier des photos qui relèvent de l’intimité ; 
  • Faire appliquer le droit à l’image afin de protéger tout particulièrement les enfants et les bébés, qui n’ont pas encore le contrôle de leur identité numérique ; 
  • Prendre préalablement connaissance des conditions générales d’utilisation de la plateforme concernée.