Alors que le prêt à taux zéro (PTZ) est censé être recentré sur les grandes villes à compter de l’année prochaine, les parlementaires ont choisi une autre option. Ils veulent que la formule soit maintenue dans les territoires ruraux. Un amendement a été adopté à ce sujet au sein de l’Hémicycle.

Tous les ans, les dépenses gouvernementales afférentes à l’application du prêt à taux zéro (PTZ) oscillent entre 750 millions et 1,3 milliard d'euros. Les sommes restent colossales malgré le contexte de taux bas. De ce fait, les députés réfléchissent sur la manière d’utiliser cet argent.

Actuellement, la France assiste à une désertification rurale. D’un autre côté, les immeubles dans les centres-villes se détériorent progressivement. Comme solution intermédiaire, la plupart des élus ont suggéré le maintien du programme pour les cas de rénovation les plus importants. Cependant, cette proposition n’a pas été retenue le 17 novembre dernier, en première lecture.

L’exécutif veut recentrer le programme sur les grandes villes

Le gouvernement recommande une refonte du PTZ, d’autant plus que jusque-là, le dispositif n’a pas entraîné un acte d’achat dans la plupart des cas. Autrement dit, les objectifs portant sur la construction de bâtiments neufs n’ont pas été atteints. Un récent rapport élaboré par le ministère de la Transition écologique et l'Inspection des finances le confirme.


Ainsi, les auteurs suggèrent de maintenir la politique envisagée pour le 1er janvier 2020. Il s’agit de réorienter le prêt vers le développement ou l’aménagement des grandes agglomérations. Un député met en évidence quelques détails (précisés dans le rapport de l’exécutif) qui justifient l’idée de rénover les centres-villes plutôt que de concevoir des nouveaux logements :

« Nous voyons des maisons s'effondrer dans le cœur de bourgs, tandis que des lotissements se construisent en périphérie… Vous avez à Marseille 30 000 logements qui ne sont pas entretenus, et il s'en bâtit 2 000 autour ».

Une crise sociale comme conséquence de l’éradication du PTZ ?

Malgré les recommandations du gouvernement, l'Assemblée nationale a voté plusieurs amendements qui confirment que le PTZ sera maintenu dans les zones rurales. Sont particulièrement concernées les zones C et B2. Une fois les logements construits, l’accès à ces derniers peut dépendre de l’existence d’une assurance habitation.

En même temps, l’éradication du PTZ aura des impacts considérables sur les conditions de vie et les projets des ménages, comme l’indique un parlementaire de l’Ardèche.

Selon ce député, de nombreux foyers, y compris de jeunes couples, peuvent prévoir de devenir propriétaires. Pour sa part, Sylvia Pinel, ancienne ministre du Logement, explique :

« Selon les estimations, la suppression du PTZ pourrait menacer 19 000 emplois. En outre, elle priverait d'un parcours résidentiel vers la propriété quelque 12 000 ménages, généralement locataires et vivant en logement social ».