De nombreux Français sont concernés par la crise du logement, souvent pour des raisons financières. Il peut être question d’expulsions, de problèmes d’espace ou de précarité énergétique. Plus d’une personne sur cinq vit ce type de situation dans l’Hexagone. C’est ce que révèle la dernière étude de la Fondation Abbé Pierre (FAP).

Le député Mickaël Nogal a présenté une proposition de loi visant entre autres à faciliter aux locataires l’accès au logement. Pour sa part, le gouvernement a mis en place des mesures afin que tous les logements disponibles à la location obéissent à des conditions de décence. Ont-elles produit les effets escomptés ? La Fondation Abbé Pierre (FAP) relate que le confort sanitaire dans les habitations tend à évoluer.

Cela dit, un récent rapport dressé par la FAP indique que quatre millions de personnes sont encore mal-logées ou sans-abris en France. Si ces individus disposaient d’un logement, auront-ils la possibilité de souscrire une assurance locataire ?

La crise du logement recouvre des réalités multiples

Actuellement, la quasi-totalité des logements (99 %) comporte un système de chauffage, des toilettes intérieures et de l’eau courante. Toutefois, la FAP a relevé quelques soucis récurrents chez de nombreux ménages déjà logés :

  •  Absence de chauffage (près de 3,6 millions d’individus percevant des revenus modestes). 
  •  Manque de confort (plus de 2,8 millions de personnes). 
  •  Manque d'espace lié à surpeuplement modéré (4,3 millions de Français en situation de précarité) sachant qu’une personne seule doit disposer d’au moins 9 mètres carrés. 
  •  Difficultés à payer les loyers qui constituent plus de 35 % des ressources (plus de 5,7 millions d’individus). 
  •  Retards de paiement des loyers (789 000 locataires en 2017 selon les bailleurs sociaux). 
  •  Expulsions avec intervention des autorités (plus de 36 000 occupants). 
  •  Menace d’expulsion (1,2 million de locataires).

D’après le rapport, en 2018, les expulsions ont atteint des sommets, augmentant de 2,9 % en l’espace d’un an. En tenant compte des ménages qui quittent leur logement avant que la police n’intervienne, le nombre d’expulsions est deux à trois fois supérieur d’après la FAP.

De nombreux ménages parviennent difficilement à payer leurs loyers

Environ 15 millions de personnes rencontrent des problèmes de logement en France. Il arrive que l’environnement dans lequel les ménages vivent nuise à leur santé. Par ailleurs, les locataires peuvent faire face à des soucis d’ordre financier (notamment des fins de mois difficiles).


Les données de l’Insee datant de 2013 révèlent que les ménages locataires étaient 493 000 à ne pas avoir pu régler leurs loyers ou leurs charges à cette époque.

Les bailleurs sociaux indiquaient que 6,3 % des familles occupant le parc locatif ont accusé un retard de paiement de plus de trois mois fin 2017. Quant à 1,4 % des ménages, ils ont accumulé 12 mois d’impayés, comme le révèle le rapport de la FAP. Les chiffres sont d’autant plus significatifs en région francilienne, où les problèmes de paiement ont renchéri de 12 %, contre 23 % pour les cas d’impayés.

Le rapport ajoute :

Par ailleurs, 1,9 million de ménages déclarent avoir rencontré des difficultés pour payer leurs loyers ou leurs charges au cours des deux années précédentes.