Les maires qui investissent dans la construction devraient être davantage soutenus, selon Hervé Legros, PDG du groupe Alila. L’enjeu dépasse de loin les résultats des prochaines élections municipales. Il s’agit surtout d’améliorer la qualité de vie des habitants et de participer à l’évolution d’une commune. D’ailleurs, la suppression de la taxe sur l’habitation est propice à cette démarche.

Avant chaque élection municipale, les communes tendent à limiter le nombre de permis de construire délivrés. Ce phénomène s'explique par la prudence excessive des maires durant cette période de leur mandat d'après les observateurs. Logiquement, cette tendance a une influence significative dans le domaine de l'assurance habitation.

D'août 2018 à août 2019, le nombre de permis fournis en France a baissé de 5,7 % selon le ministère de la Cohésion des territoires. Ces chiffres semblent confirmer le constat des spécialistes sur le sujet. Pourtant, contrairement aux idées reçues, les maires favorables aux nouvelles constructions participent activement à leur réélection. En effet, la question des logements est importante pour la population.

Soutenir les maires dans leur démarche en faveur du logement

Pour les maires, le problème du logement vient essentiellement de l'offre. Les communes s'interrogent souvent sur les infrastructures indispensables pour pouvoir suivre l'accroissement de la population. Les autorités locales sont également confrontées à d'autres problématiques comme l'équilibre de la vie en communauté et la diversité sociale.


Dans tous les cas, les maires devraient être encouragés à construire de nouveaux logements à travers divers dispositifs d'incitation. La réforme sur la taxe d'habitation permet notamment de participer à cette démarche. En effet, en supprimant cet impôt, les pouvoirs publics aident les communes à étoffer leurs recettes.

Le PDG du groupe Alila suggère notamment de surcompenser sur ce point en offrant une prime aux maires bâtisseurs. Ils pourront accélérer le développement de leur commune grâce à ce soutien financier.

Par ailleurs, cette démarche peut stimuler la construction de logements intermédiaires pour les classes moyennes. Ces dernières sont souvent délaissées dans les politiques de logement des pouvoirs publics.

Les maires ne sont pas à l'origine des problèmes de logement ?

Les citoyens ont souvent tendance à dénigrer les maires par rapport à la question du logement. Pourtant, le marché est généralement dicté par des facteurs extérieurs qui ne sont pas liés avec la politique des élus locaux. En effet, la baisse du nombre de nouvelles constructions et de ventes de biens immobiliers neufs résulte de problèmes de fond, indépendants des élections municipales.

Il est important de se pencher sur le fonctionnement du secteur immobilier au lieu d'incriminer injustement les maires. Le problème ne vient pas d'un ralentissement de la demande. Elle reste en effet très dynamique en raison de la baisse des taux d'intérêt. De plus, la liste d'attente pour les logements sociaux est toujours aussi longue.

Selon Hervé Legros, la question se pose surtout au niveau des métropoles. Ces zones se caractérisent par la création d'emploi et la densification de la population. Par ailleurs, les constructions neuves impliquent à terme un impact environnemental positif en reconvertissant les terrains par l'expansion urbaine.