En raison de la crise sanitaire, la capitale catalane est moins visitée. Et les propriétaires de logements touristiques ont du mal à trouver des locataires. Afin de combler ce manque de clients, ils choisissent de les proposer en location courte ou longue durée. Une solution qui n’est pas sans conséquence sur le marché de l’immobilier.

Le secteur immobilier fait partie de ceux qui sont durement frappés par la crise sanitaire. À Barcelone, les répercussions atteignent même les acteurs de la location durable. Ils se heurtent en effet à la concurrence des logements touristiques proposés aujourd'hui en location longue durée. Cela augmente les offres sur le marché, dans un contexte où les demandes sont peu nombreuses.

Afin d'en limiter l'impact, la Mairie envisage d'octroyer des aides financières aux propriétaires de résidences touristiques. En échange, ils doivent les proposer comme logements sociaux. Cette offre pourrait les encourager à prendre cette option. À rappeler que, quelle que soit la modalité de la location, une assurance habitation est conseillée.


0,2 % des biens touristiques proposés dans le parc immobilier social

La location touristique se portait pourtant bien avant la crise sanitaire. Aujourd'hui, elle ne génère plus les mêmes revenus. 280 entreprises subissent les conséquences de cette crise selon Enrique Alcantra, président de l'Association des Appartements Touristiques de Barcelone (APARTUR).

La capitale à elle seule réunit 9 600 logements touristiques. À l'heure actuelle, seuls 22 appartements ont été transformés en logements sociaux d'après le journal El Pais. Cela représente une faible proportion de 0,2 %.

Pourtant, l'Association APARTUR a recensé 5 900 résidences louées, soit 65 % des appartements touristiques de la ville. Mais les propriétaires préfèreraient les proposer avec un contrat de courte durée, 11 mois maximum, ou de longue durée. D'ailleurs, l'Association a estimé à environ 40 % la proportion des biens touristiques utilisés en location permanente.

L'aide financière proposée par la Mairie pourrait encourager les propriétaires à accepter l'offre de les convertir en logements sociaux. Son montant peut atteindre 1 200 euros par mois, selon Enrique Alcantar, versés pendant un à trois ans.

Cette solution donnerait un nouveau souffle au marché de la location. En effet, les spécialistes immobiliers ont déjà relevé une tendance à la baisse du loyer à Barcelone. Elle est due à la concurrence des meublés touristiques proposés à prix réduit par leurs propriétaires.


Une baisse de 10 % des loyers dans la capitale catalane

La politique adoptée par les propriétaires de biens touristiques contraint les acteurs de la location permanente à revoir leurs offres. Certains d'entre eux, présents sur le marché depuis des années, avouent avoir des difficultés à trouver des intéressés aujourd'hui.

Selon Beñat del Coso de l'entreprise Idealista, spécialisée dans l'immobilier, le loyer a diminué de 10,7 %. Cette baisse se serait étendue dans toute la capitale catalane. Valérie Henrivaux de l'agence Acheter Malin Espagne le confirme. Elle a également dû baisser le loyer des biens qu'elle propose de 10 % environ. Ceci, afin de se conformer à la loi des Baux Urbains et aux prix sur le marché.

Les demandes des clients ont également changé selon elle. Après le déconfinement, les locataires s'orientaient davantage vers les appartements plus spacieux disposant d'une terrasse.

L'Association APARTUR constate une hausse des demandes pour les logements résidentiels dans les quartiers abritant de nombreux biens touristiques. Selon le journal catalan Betevé, 145 nouvelles annonces ont été publiées l'été dernier, entre le 6 et le 12 juillet. Toutes se trouvent à Barceloneta, un quartier apprécié des touristes.