La viabilité du régime de catastrophe naturelle en France, pratiquement sans équivalent dans le monde, est remise en question en raison de la recrudescence des sinistres. Pour s’ajuster aux nouvelles réalités climatiques, ce dispositif basé sur les principes de solidarité et d’égalité doit être repensé, analysent les experts. Les détails dans cet article.

Réforme du régime de catastrophe naturelle en France : un impératif face au climat

Catastrophes naturelles : un défi pour le contrat social

La multiplication des catastrophes naturelles en France soulève une interrogation majeure : comment harmoniser ces événements avec notre contrat social ? Selon une professionnelle du marché,

Le régime actuel, dénommé Cat-Nat, repose sur les valeurs de solidarité et d'égalité.

Les individus qui souscrivent une assurance habitation ou multirisques contribuent au financement du dispositif par le biais d'une cotisation annuelle d'environ 25 euros. La Caisse centrale de réassurance (CCR), en qualité de réassureur public, intervient ensuite en prenant en charge une partie des risques des assureurs liés aux catastrophes naturelles.

Une réforme indispensable

La disparité entre les taux d'assurance en France métropolitaine (96 %) et en outremer (50 %) met en lumière la nécessité d'une réforme équilibrée. Thierry Langreney, des Ateliers du Futur, reconnaît « l'efficacité du système existant », mais préconise

Un aménagement réfléchi face aux menaces croissantes et aux déséquilibres financiers persistants.

L'accélération du changement climatique met en danger le Cat-Nat, créant une sinistralité récurrente et un déficit chronique.


La refonte envisagée inclut une augmentation des surprimes, mais une experte met en garde contre des « ajustements excessifs ». Les propositions ambitieuses, telles que la conditionnalité du Cat-Nat à la réalisation de travaux de prévention, reflètent la nécessité d'anticiper les risques à long terme. La modélisation du risque climatique devient une priorité, avec des entreprises comme Axa Climate qui cherchent à révéler le climat 2030 à travers des modèles plus précis.

L'objectif pour cette société est d'affiner ces prévisions en tenant compte de la topographie et de la végétation. Cette approche vise à fournir des informations plus précises sur le risque d'incendie, bénéfiques tant pour les entreprises que pour les particuliers. Par exemple, un acteur ferroviaire pourrait intensifier le déboisement autour de ses rails pour se protéger contre les incendies. Selon Antoine Denoix,

La clé dans la relation assureur-assuré réside dans la réduction de l'asymétrie d'informations,

Soulignant l'importance pour l'assureur de partager au maximum ses données sur les risques climatiques.

À retenir
  • La France doit réformer son régime de catastrophe naturelle, unique au monde, face à l'augmentation des sinistres liés au changement climatique.
  • La disparité des taux d'assurance entre la métropole et l'outremer souligne la nécessité d'une réforme équilibrée.
  • Les défis climatiques menacent le Cat-Nat, nécessitant des ajustements, y compris des surprimes.
  • Des initiatives comme la conditionnalité du Cat-Nat à des travaux de prévention et la modélisation du risque climatique contribuent à anticiper les risques à long terme.