La remontée des taux immobiliers observée en février se confirme. Les barèmes des banques analysés par les courtiers spécialisés montrent de nouvelles hausses pour le mois de mars. À l’inverse, les délais de traitement des dossiers de demande de prêt se réduisent.

Les taux de prêt tirés vers le haut par les taux de marché

Ces dernières années, hormis quelques augmentations ponctuelles et modérées, les taux des crédits à l'habitat se sont maintenus sur une tendance baissière. Même après avoir battu leurs propres records de faiblesse, ils ont continué à reculer, atteignant des seuils historiques.

Mais ces dernières semaines, l'envolée de l'inflation a entraîné un accroissement des taux des titres de dette. Or, ceux-ci servent de base à la fixation des taux des emprunts immobiliers accordés aux ménages. Pour l'heure, les courtiers soulignent que « l'impact est partiel ».

Ainsi, alors que les taux de marché ont enregistré une progression de 0,7 point depuis le 1er janvier, ceux des crédits logement n'ont gagné que 0,2 à 0,3 point.

Il faut néanmoins tenir compte des contraintes prudentielles avec l'élévation des recommandations du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) au rang de normes juridiquement contraignantes. Sauf exception, les banques ne sont plus autorisées à octroyer un prêt immobilier aux ménages dont les mensualités représentent plus de 35 % des revenus, et la durée de remboursement pour toutes les nouvelles souscriptions est limitée à 25 ans.


Une hausse contenue sur un secteur très concurrentiel

Ainsi, pour le mois de mars, des majorations de l'ordre de 0,15 à 0,3 % sont attendues. Les emprunteurs les plus fragiles sont malheureusement aussi les plus pénalisés par cette évolution des taux. Outre le coût du crédit en hausse, ils doivent prévoir les charges annexes (assurance de prêt, garanties, droits de mutation). Des outils en ligne comme le comparateur d'assurance habitation ou d'assurance emprunteur sont d'une aide précieuse, permettant de réaliser des économies substantielles.

Les propositions des courtiers varient en fonction de la qualité du dossier. Pour un financement sur 15 ans, le taux moyen varie de 0,86 % à 1,12 %. Un contrat sur 20 ans se négocie à un taux compris entre 0,97 % et 1,24 %. Pour les plus longs, à 25 ans, la moyenne se situe entre 1,13 % et 1,40 %.

Pour autant, d'après ces professionnels,

L'abondance des liquidités disponibles et les objectifs commerciaux ambitieux des banques permettent de contenir le relèvement des taux.

Sur ce marché très concurrentiel qu'est celui du crédit immobilier, des conditions attractives représentent l'argument essentiel pour attirer de nouveaux clients. D'ailleurs, preuve de la compétitivité qui règne sur le secteur, les établissements banquiers ne mettent plus que 14 jours pour émettre des offres de crédit, contre 16 jours en janvier.