Depuis le 11 juillet dernier, les propriétaires peuvent de nouveau déloger leurs locataires. Étant donné que le coronavirus n’est pas encore tout à fait maîtrisé en France, la reprise des expulsions risque d’avoir des conséquences dramatiques sur le plan social. La CNL (Confédération nationale du logement) a ainsi lancé un appel pour prolonger de nouveau la trêve hivernale.

De nombreux Français ont subi d'importantes pertes de revenus à cause de la pandémie de coronavirus. Ils ont ainsi pu avoir des difficultés à régler leurs primes d'assurance habitation ou encore leurs loyers. La prolongation de la trêve hivernale a donc été réellement salvatrice pour les locataires.

Pour rappel, le gouvernement a pris cette décision dès le début de la crise sanitaire. La fin du dispositif avait alors été reportée au 31 mai 2020, alors qu'elle devait avoir lieu le 31 mars. Estimant cette prolongation insuffisante, l'exécutif a de nouveau repoussé l'échéance au 10 juillet 2020. Désormais, il n'envisage plus d'accorder un autre sursis aux ménages menacés d'expulsion.

Les Français menacés d'expulsion doivent obtenir des réponses à leurs questions

Malgré le chômage partiel et les autres dispositifs mis en œuvre par l'exécutif face à la crise sanitaire, la situation financière de certains Français s'est considérablement détériorée, notamment pour les plus fragiles. Néanmoins, il n'est plus prévu de prolonger encore une fois la trêve hivernale.


Si le gouvernement a pris cette décision, c'est parce qu'il considère avoir instauré les mesures nécessaires pour faciliter les attributions de logement et pour favoriser les centres d'hébergement d'urgence. La CNL recommande donc aux locataires qui risquent l'expulsion de s'informer sur ces dispositions. Pour ce faire, ils doivent s'adresser au ministère chargé de la Ville et du Logement.

La principale association qui défend les locataires en France rappelle que le droit au logement revêt une valeur constitutionnelle. Elle estime donc que les cabinets ministériels veilleront à apporter les réponses adéquates aux interrogations de tous ceux qui sont susceptibles de se retrouver à la rue.

Une réclamation justifiée

La CNL doute que les acteurs sociaux puissent traiter tous les dossiers et déployer les moyens nécessaires pour solvabiliser les ménages avec le peu de temps dont ils disposent. Ainsi, les locataires relèvent encore de la responsabilité du gouvernement tant que la crise sanitaire perdure, selon l'association.

Pour éviter la multiplication des drames sociaux, cette dernière a invité les principaux concernés à ratifier son appel qui vise à reporter la fin de la trêve hivernale au 31 octobre prochain. Dans un communiqué, elle précise que la France doit désormais faire face à une crise sociale majeure. Cette prolongation est censée préserver les familles qui ont basculé dans la précarité en raison du confinement.

Sans cette mesure, des milliers de ménages risquent l'expulsion. La CNL avance qu'il est inconcevable que le gouvernement les abandonne à un tel sort.