D’après l’Insee, le loyer et les dépenses y afférentes constituent 28,4 % du budget des familles louant un logement dans le secteur privé. Le confinement ayant été prolongé, nombre de bailleurs risquent de ne pas être payés vers la fin du mois d’avril. Plusieurs solutions ont été avancées pour remédier au problème.

La crise sanitaire actuelle ralentit l'activité économique et pèse sur le pouvoir d'achat des ménages, notamment des locataires du parc privé. Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis, a prévenu le gouvernement de l'ampleur de ces difficultés financières dans une question adressée à ce dernier le 26 mars 2020.

Jusque-là, les locataires ont pu régler normalement leurs factures, comme l'indique celui qui est à la tête de la FNAIM (Fédération nationale de l'immobilier), Jean-Marc Torrollion. C'est surtout la suite qui inquiète, avance le président de l'Association nationale de consommateurs et usagers (CLCV), Jean-Yves Mano.

Cette dernière a d'ailleurs formulé quelques recommandations en faveur des souscripteurs d'assurance locataire du secteur privé.

Négocier avec les bailleurs si les subventions départementales ne suffisent pas

Jean-Marc Torrollion déclare que les propriétaires tiennent à ce que les loyers soient payés, d'autant plus qu'ils continuent de loger en cette période de confinement. Ainsi, le ministère du Logement a demandé aux départements d'allouer 350 millions d'euros au financement du Fonds de solidarité pour le logement (FSL). Il est censé remédier aux impayés de loyers.


Le ministère en question suggère aux familles qui n'arrivent toujours pas à payer leur loyer (malgré cette aide) de s'expliquer avec leur bailleur. D'autant que les groupes d'influence qui défendent les intérêts des propriétaires et des professionnels de l'immobilier se montrent conciliants, du fait de la situation actuelle.

Le président de l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), Christophe Demerson, souligne que les bailleurs acceptent de repousser les échéances de loyer. L'idée consiste à ne pas pénaliser les bons payeurs.

Octroyer une allocation exceptionnelle aux locataires en difficulté

Préoccupée par la possible lourdeur administrative induite par la solution départementale, la CLCV propose une alternative. Selon l'organisme qui représente les consommateurs, les foyers impactés par l'augmentation de leur facture en période de confinement pourraient toucher une allocation exceptionnelle. Oscillant entre 100 et 200 euros par enfant, cette aide permettrait par exemple de payer la facture d'électricité.

En tout cas, les bénéficiaires de la Caisse d'allocation familiale (Caf) conservent leurs droits sociaux et bénéficient de versements anticipés. Par ailleurs, quatre millions de Français perçoivent une indemnisation en étant en chômage partiel.

Enfin, le gouvernement a mis en place un programme de soutien dédié aux petites structures, ainsi que des dispositifs visant à éviter la banqueroute à des dizaines de milliers de PME.

Certains bailleurs sont plus exposés aux risques d'impayés que d'autres

Stéphane Peu rappelle que les bailleurs particuliers sont davantage exposés aux risques d'impayés par rapport aux acteurs institutionnels qui gèrent les HLM. La situation sera d'autant plus préoccupante si les habitations en question se situent dans les villes et départements où le coût du loyer est élevé. La première couronne francilienne en constitue un exemple concret.


En se rendant dans une Agence départementale pour l'information sur le logement (ADIL), les locataires qui font face à des difficultés financières peuvent se faire conseiller par des spécialistes.

Ces derniers, après analyse de leur dossier, se prononceront sur leur éligibilité aux subventions accordées par le gouvernement ou les collectivités locales. Telles sont les explications de Louis du Merle, de l'Agence nationale pour l'information sur le logement (ANIL). Il y est le responsable du pôle juridique.