Le Sénat est quelque peu dubitatif sur les moyens employés par le gouvernement pour relancer l’économie, plus particulièrement sur le projet de l’Exécutif de prélever un milliard d’euros dans la caisse du programme Action Logement. De l’avis de la majorité, le gouvernement est en train de se tirer une balle dans le pied, tout en portant atteinte aux bailleurs sociaux.

Le Sénat déplore une très mauvaise communication

Avant le vrai nœud du problème, le Sénat a pointé du doigt la manière dont le gouvernement l'a informé de ses intentions.

En effet, il n'y a pas eu de communiqué officiel. Le Sénat ayant appris par les médias le projet du gouvernement de piocher 1 à 1,5 milliard d'euros dans l'enveloppe consacrée au programme Action Logement.

Concernant ledit prélèvement, le Sénat a immédiatement mis son veto, arguant qu'une telle initiative ne ferait que nuire aux intérêts de tous, à commencer par ceux des bailleurs sociaux.

Le pays était en proie à une grave crise du logement, et ce, bien avant la crise. Avec la pandémie, la situation s'est encore empirée. Le timing du gouvernement soulève alors des interrogations puisqu'il apparait logique que le moment est vraiment mal choisi pour détrousser Action Logement d'une partie importante de ses ressources.


De plus, ce n'est pas la première fois que le gouvernement pioche dans les réserves d'Action Logement. Il aurait déjà ponctionné 500 millions d'euros en 2018 pour équilibrer son budget.

A quoi pourrait bien servir cette somme ?

Les membres de la commission des affaires économiques du Sénat s'interrogent également sur l'emploi qui sera faite de cette somme. Il a été mentionné que la rénovation énergétique nécessitera un budget de 500 millions d'euros, mais l'utilisation du reste souffre d'une grande opacité.

Pour la commission, l'action du gouvernement risque de mettre un frein aux nombreux projets de constructions, notamment de logements sociaux dont de nombreuses villes du pays ont désespérément besoin.

Et par voie de conséquence, cela pénalisera tout le secteur, des agences aux courtiers immobiliers, en passant par les banques. Même le marché de l'assurance habitation va grandement en pâtir.

Pour l'heure, la commission demande que le gouvernement renonce à son projet. Celui-ci, de son côté, argue qu'Action Logement dispose de suffisamment de ressources pour épauler le gouvernement dans ses projets de relance.