Une maison de plusieurs millions d’euros, ravagée par d’énormes incendies, coûte certainement très cher aux assureurs. Ce contexte est pourtant des plus répétitifs à l’heure des changements climatiques. Pour se libérer de ce joug, les établissements d’assurance vont jusqu’à refuser de garantir ces habitats à risque. Les propriétaires auront alors à déployer des moyens fort coûteux, comme les services des pompiers privés.

L’apparat et l’envergure d’une propriété ne suffisent pas pour la mettre à l’abri quand mère Nature exprime sa colère. La fortune de ses occupants permet toutefois de réduire les risques de ravage en cas d’incidents tels que les incendies.

Comme c’était le cas des maisons et villas de luxe des personnalités publiques lors des feux dévastateurs qui ont récemment dévoré plusieurs quartiers en Californie.

Et pour cause, les riches propriétaires sont à même de dépenser une somme assez conséquente, dépassant même les 20 000 euros, pour profiter des protections des pompiers privés.

Une brillante initiative, à en croire les privilèges qui en découlent et qui d’ailleurs est en conformité par rapport à la valeur des biens. Quoique celles-ci ne garantissent pas forcément l’infaillibilité de ces derniers.


Une alternative moins coûteuse pour les assureurs

Le mois dernier a été le théâtre de nombreux feux de forêt déclenchés en simultanée en Californie. Certes, ces catastrophes naturelles sont fréquentes dans cette région, mais l’ampleur des ravages est toujours plus impressionnante que les précédents.

Et ceux-ci touchent tant la masse populaire que les riches propriétaires. Parmi ces derniers se trouvent les crèmes de la société, telles que l’acteur Arnold Schwarzenegger et le basketteur LeBron James.

De nombreux bâtiments de valeur ont été, de ce fait, dévastés comme c’est le cas de la bibliothèque Ronald Reagan. Ou encore les villas luxueuses des collines de Los Angeles, coûtant plusieurs millions d’euros. À savoir, celle de Kim Kardashian, située en banlieue, est valorisée à 60 millions de dollars, soit l’équivalent de 52 millions d’euros.

Il est alors évident que les indemnités des propriétaires coûteront une fortune aux pourvoyeurs d’assurance habitation. Ce qui a amené ces compagnies à refuser d’assurer certains types de logements après l’énorme trou financier qu’elles ont enregistré en 2018 suite aux incendies destructeurs de cette période.

À la place, les assureurs proposent aux gens fortunés de se pencher sur les services de pompiers privés. Loin d’être des agents lambda, ceux-ci forment une équipe de professionnels et utilisent des outils conformes à la norme afin de protéger les maisons en cas de menace. Et ce, de façon très exclusive, comme l’explique le soldat de feu, Chris Brandini :

« La différence entre moi et les pompiers de l'État, eux vont protéger chaque maison. Moi je ne protège que les maisons qui sont inscrites dans notre programme […] Je suis là pour eux... S'il y a un incendie dans leur coin, je m'équipe et je m'y rends pour m'assurer qu'ils sont en sécurité jusqu'à ce que le feu soit passé ».

Une prestation fort utile mais qui ne manque pas d’inconvénients

Il est clair que ces pompiers privés n’agissent pas de façon hasardeuse. Mais en plus, leurs interventions coûtent une fortune, allant même jusqu’à 25 000 dollars par jour, soit près de 22 000 euros. À Chris Brandini d’argumenter :

« D'accord, c'est beaucoup d'argent. Mais si vous avez une villa de 10 millions de dollars (environ 8,5 millions d'euros) qui n'est pas assurable, ce n'est rien du tout, pas vrai ? »

Ce qui ne manque pas de soulever une polémique quant au manque d’éthique de la pratique. En effet, d’après le témoignage d’un des sapeurs-pompiers :

« Notre seul but à nous, c'est de sauver cette maison et éviter qu'elle brûle. Si la maison d'à côté brûle et qu'elle risque par effet domino de contaminer la nôtre, alors oui, on agira chez les voisins. Sinon, on ne fera rien ».

D’autant qu’en plus de ne pas garantir la totale protection des propriétés à préserver, le recours aux pompiers privés peut dans certains cas désorganiser les secours publics. De fait, il arrive que les interventions tournent mal.

Les agents de l’État sont alors obligés de les aider, ce qui impacte incontestablement sur l’ensemble des sauvetages. Au commandant Rich Harvey d’évoquer les faits :

« Si jamais ces pompiers privés se retrouvent pris au piège par les flammes, je vais devoir détourner des moyens pour les sauver ».