Plusieurs potentiels acheteurs sont séduits par le marché immobilier relatif aux églises. Parmi eux, nombreux sont ceux qui essaient de conserver l’esprit du bâtiment qu’ils se procurent. En parallèle, d’autres s’engagent dans une transformation irrémédiable en consacrant l’édifice religieux au logement. Une opération qui demande toujours de grands travaux à un coût généralement dispendieux.

De lieu de culte à habitation, les églises attirent de potentiels acheteurs sur le marché de l'immobilier. Parmi leurs points forts figurent de larges espaces, une hauteur sous plafond élevée, mais aussi un prix de vente intéressant.

Patrice Besse, patron de l'agence immobilière éponyme détaille qu'en moyenne, le coût frôle les 200 000 euros. Il oscille entre 400 000 euros et 350 000 euros pour les biens en bon état. Ceux en état de ruine sont en revanche vendus à un euro symbolique. Pour ce professionnel, la transformation d'une église en logement constitue une opération dont les effets persisteront à jamais.


Une trentaine de ventes par an tout au plus

Patrice Besse précise que l'ensemble des signes religieux distinctifs sont tous enlevés. Il avoue alors préférer dans la plupart des cas vendre à des artistes qui :

  • Maintiennent l'ouverture du lieu au public ;
  • Ne modifient pas trop les volumes et l'espace.

Le spécialiste insiste :

[…] Il ne faut pas oublier qu'une église c'est un lieu de mémoire commune.

Pour l'heure, le marché des ventes de bâtiments religieux demeure petit. Maxime Cumunel révèle qu'annuellement, le nombre de transactions en la matière s'élève entre 10 et 30 maximum. D'après le délégué général de l'Observatoire du Patrimoine Religieux, ce volume inclut même les édifices pas forcément convertis en logement. Même s'il apparaît relativement bas, celui-ci détient un certain poids au niveau des demandes de devis assurance habitation.

En France, chaque ville abrite pourtant en moyenne deux églises. Dans les détails, certaines en comptent plus de 100 et d'autres seulement une. Évidemment, il n'est pas obligatoire que les églises soient détachées de leur principale affectation de lieu de culte. Cependant, ce nombre assez faible étonne.

Trouver l'immeuble parfait s'avère difficile

L'absence de l'effet de masse se remarque. Maxime Cumunel tente d'expliquer ces chiffres peu élevés de biens ecclésiastiques commercialisés. Il affirme que plusieurs potentiels acquéreurs se présentent. En revanche, seuls quelques-uns concluent leur projet. L'expert reconnaît que les églises sont vendues à un prix relativement accessible. Néanmoins, elles requièrent toujours des travaux d'envergure, généralement coûteux à cause de leur détérioration. D'autant plus que leur revente se révèle compliquée.


Selon le cadre de l'Observatoire du Patrimoine Religieux, la recherche du bien idéal constitue le plus grand obstacle à l'achat. Une église rurale, de 100 000 à 300 000 euros, qui dospose d'un jardin :

[…] Pas trop grande, pas trop petite non plus pour avoir plusieurs chambres et les biens comme celui-ci se comptent sur les doigts d'une main.

Patrice Besse indique, quant à lui, que la vente constitue l'ultime phase lorsqu'on parle d'églises communales. Et d'ajouter qu'afin d'essayer de la sauvegarder, tout a été mis en œuvre. De surcroît :

Pour les croyants, cela pourrait être un sacrilège de transformer une église et d'installer la cuisine à la place de l'autel par exemple.