La crise provoquée par la pandémie du Covid-19 ne semble pas avoir freiné la hausse des prix de l’immobilier. L’écart observé est même important en un an. En conséquence, le pouvoir d’achat des acquéreurs connait un déclin. Avec un revenu identique à celui de 2019, ils sont contraints d’opter pour un logement plus petit.

Le prix de l'immobilier grimpe de nouveau en France, et ce, malgré la pandémie du coronavirus. Certaines agglomérations comme Lyon, Nantes ou Rennes se démarquent même par une augmentation supérieure à la moyenne. Elle impacte naturellement sur le pouvoir d'achat des acquéreurs. Ces derniers continueront de payer une couverture pour leur maison une fois propriétaire, à la place de l'assurance locataire.

Avec un budget identique, ils sont de ce fait obligés de diminuer la surface à acheter en 2020. Ils peuvent perdre plus de 10 % en mètre carré dans des agglomérations comme Rennes. Les notaires n'écartent cependant pas la possibilité d'une baisse des prix en 2021.


Une hausse record dans la métropole lyonnaise

Selon David Ambrosiano, la décorrélation entre le prix de l'immobilier et la crise économique ne persistera pas indéfiniment. Il est le président du Conseil supérieur du notariat (CSN). Aussi, d'après les notaires, une baisse pourra avoir lieu en Île-de-France pour le prix des appartements. Ces professionnels restent toutefois prudents.

D'ailleurs, les données disponibles actuellement ne présentent que des hausses. Une étude de la situation dans 18 métropoles a été menée. Les chiffres les plus marquants ont été relevés dans des agglomérations comme Nantes, Rennes ou Le Havre.

La moyenne est de 6,5 % entre octobre 2019 et septembre 2020. Le prix médian a augmenté de 7,7 % dans la métropole rennaise et nantaise. La hausse est de l'ordre de 9,6 % à Dijon et a atteint 11,6 % à Lyon.

Avec le même revenu, un acheteur souhaitant acquérir une maison dans ces localités doit s'orienter vers un bien plus petit. Plus précisément, elle a 7 % de surface en moins que celui qu'il aurait pu acheter en 2019. Il perd 9 % des mètres carrés acquis l'année dernière s'il choisit de s'installer à Dijon et Strasbourg. La perte est de 8 % pour la métropole lyonnaise.


Jusqu'à 13 % de surface en moins pour 2020

Dans le cas d'un appartement et toujours avec le même revenu, un propriétaire potentiel perd :

  • 13 % de la surface acquise en 2019 s'il achète à Rennes ;
  • 12 % pour Nantes ;
  • 10 % à Lyon ;
  •  9 % à Toulouse et dans Le Havre.

D'après les notaires, bien que le prix ait été impacté par la crise, l'augmentation en un an reste importante. Prenez un ménage type pouvant emprunter 800 euros par mois pendant 20 ans, sans apport personnel. Il peut s'acheter un appartement de 55 mètres carrés en moyenne en 2020. Il perd donc une surface moyenne d'un mètre carré en comparaison à celle d'un bien acquis au même prix en 2019.

Un ménage souhaite s'offrir une maison, avec une capacité d'emprunt de 1 300 euros par mois pendant 20 ans, sans apport personnel. Il peut, quant à lui, en acquérir une avec une surface moyenne de 148 mètres carrés, soit 4 % de superficie en moins. L'équivalent de 6 mètres carrés perdus par rapport à 2019.

Ces données ont été obtenues après comparaison des médianes des trois premiers trimestres de 2019 et de 2020. Pour la simulation, les notaires se basaient sur le taux de crédit de 2020 renseigné par la Banque de France.