Les banques ont limité l’accès des personnes à revenus modestes au crédit immobilier bien avant l’apparition des premiers effets de la pandémie. Les acheteurs potentiels touchés par cette mesure restrictive ont fini par se rabattre sur la location. En parallèle, les propriétaires qui recouraient jusque-là aux plateformes comme Airbnb ont rejoint les bailleurs classiques pour s’assurer des revenus plus stables.

D'après les experts, l'épidémie de Covid-19 a stimulé le marché locatif dans les grandes agglomérations françaises. L'offre à Toulouse, par exemple, a progressé de 23 % par rapport à l'année dernière, selon le site spécialisé SeLoger. Ce phénomène se répercutera forcément sur les activités connexes comme l'assurance habitation.

Le groupe a récemment publié son baromètre national relatant les tendances dans le secteur immobilier. Cette étude a permis de constater une forte hausse de l'offre et de la demande en matière de location sur tout le territoire. En définitive, il s'agit d'une réaction du marché à la conjoncture sanitaire et économique créée par la pandémie.


Des loyers plus ou moins stables en général

Selon les analystes de SeLoger, l'augmentation du nombre de logements disponibles sur le marché n'a pas affecté la valeur moyenne des loyers pour l'instant. Ainsi, le prix de la location reste relativement plus avantageux par rapport au remboursement d'un prêt immobilier. En effet, les mensualités appliquées par les banques pèsent généralement lourd dans le budget des ménages.

Dans l'Hexagone, le montant des loyers a tendance à progresser plus lentement que les cours en matière de vente immobilière et les prix moyens à la consommation. Le baromètre du site spécialisé a notamment évoqué une légère variation entre 0 et 3 % dans le pays. Les loyers sont donc restés relativement stables en dépit des circonstances.

Ce constat est confirmé par le marché de la location à Toulouse, où les loyers s'élèvent en moyenne à 638 euros. En revanche, ils ont augmenté de 12 % à Bordeaux pour atteindre 746 euros. D'un autre côté, certaines grandes villes affichent une baisse. Ce phénomène s'est particulièrement produit à Strasbourg (-3 %), Rennes (-4 %) et Nice (-10 %).

Divers effets de la crise

Le dernier baromètre SeLoger a révélé une forte progression de l'offre locative dans la plupart des grandes villes françaises. Cette tendance est notamment visible à Nice (52 %), Bordeaux (39 %), Rennes (34 %) et Nantes (32 %). Paris se démarque toutefois par une augmentation de 64 % en un an.


Pour obtenir ces chiffres, les analystes du groupe ont comparé le nombre de locations disponibles entre le 1er juin 2019 et 31 juillet 2020 avec les données de l'année précédente. Les effets de la pandémie sur le secteur immobilier sont perceptibles sur cette période. Cela dit, les marchés de la vente et de la location ne réagissent pas de la même manière face à la crise.

Le marché de la vente est en effet reconnu comme étant tendu dans les grandes agglomérations. La situation ne s'est pas améliorée depuis le déconfinement. En revanche, le marché locatif est moins concurrentiel.