Les achats de logements neufs et anciens ont baissé de manière significative à Paris, au deuxième trimestre de 2020. Les ménages se tournent davantage vers les petites villes et les banlieues. Ceci s’explique par l’évolution des prix dans la capitale. Les logements deviennent ainsi chers pour certains ménages, en particulier ceux ayant un revenu moyen.

Paris fait partie des grandes villes européennes marquées par les difficultés d'accès au logement. Cela est d'autant plus vrai lorsque le revenu ne suit pas. Comme alternative, la plupart des ménages choisissent désormais de s'installer dans de plus petites villes, ainsi qu'en banlieue parisienne.

Cette tendance s'est accélérée avec la crise sanitaire. Les conséquences économiques de la pandémie et les nouveaux modes de vie nés du confinement augmentent l'attrait pour les villes périphériques. En conséquence, les achats immobiliers sont en baisse à Paris, selon les chiffres du deuxième trimestre de 2020. Ceci pourrait même se faire sentir auprès des compagnies d'assurance habitation de la capitale.


L'attractivité des grandes villes ne diminue pas pour autant

Les nouvelles habitudes comme le télétravail ne sont pas sans conséquence sur le marché immobilier. Selon une étude réalisée par l'Ipsos, 35 % des Français souhaitent déménager dans les mois à venir. Et ce, indépendamment de la surface de leur logement. D'après Qualitel, le nombre est 3 fois plus élevé chez les personnes qui habitent dans un appartement.

Ceci dit, l'attrait pour les grandes villes (pour ceux qui ont toujours la possibilité de s'y installer) n'a pas encore diminué. Et il faut également noter que le travail à distance ne concerne que 25 % des emplois recensés en Europe. De plus, les personnes qui travaillent actuellement chez elles n'envisagent pas toutes d'adopter ce mode de travail à long terme. Elles ne prévoient pas non plus de déménager après la crise. C'est ce qu'explique Vincent Allilaire, analyste chez Moody's.

Un repli de près de 8 % des achats immobiliers à Paris

Toutefois, au niveau des achats immobiliers, l'étude réalisée par Moody's dénote une chute de 7,93 % pour les logements neufs et anciens. Une baisse qui reste notable comparée au chiffre en banlieue parisienne.

Elle s'explique par la crise économique générée par le coronavirus. Celle-ci touche notamment les foyers à revenu moyen, pour qui les logements à Paris sont de moins en moins accessibles. Ils délaissent ainsi les grands centres urbains, et s'orientent davantage vers les banlieues et les villes de petite taille. Le Val d'Oise, le Val-de-Marne et les Hauts-de-Seine, des départements qui ont moins d'habitants, sont plus épargnés par la crise.


Le cas de l'Essonne, un département de près de 729 000 habitants par kilomètre carré, en est un exemple. Il enregistre une hausse de 0,37 % des achats immobiliers, selon Moody's. Il s'agit de la plus forte augmentation constatée dans la périphérie de Paris.

Des exigences élevées pour le crédit immobilier

La hausse des prix dans les grandes agglomérations comme Paris n'est pourtant pas l'effet de la crise. Cette tendance est observée depuis plusieurs années dans les unités urbaines en Europe.

L'évolution est parfois plus rapide que ne l'est le revenu des habitants. Aussi, les offres sont devenues peu adaptées à certains d'entre eux.

La crise sanitaire a creusé l'écart pour les ménages moyens. Par ailleurs, depuis décembre 2019, les conditions pour les emprunts immobiliers se durcissent. Chez certains courtiers, le nombre de refus ne cesse d'augmenter.

Cela dit, les chiffres relevés par Moody's confirment une tendance déjà constatée avant la crise. Ils attestent l'évolution démographique dans les grands centres urbains.