Verizon, l’un des principaux opérateurs de télécommunications des États-Unis, propose des offres 5G pour l’Internet fixe et des forfaits mobiles. Victoria Lonker, vice-présidente de l’entreprise et responsable des produits télécoms, évoque les débuts complexes de la technologie sur le marché américain et avance des explications quant au retard de déploiement en France.

Une large adoption de la 5G conditionnée au nombre de terminaux et à l'offre

Sur le territoire américain, la couverture 5G de Verizon devrait s'étendre à 30 villes avant la fin de l'année.

La grande majorité des abonnés actuels sont des particuliers, aussi bien pour du Fixed Wireless Access que des services mobiles, les formules dédiées aux professionnels étant très récentes.

Pour l'heure, le groupe s'engage à un débit de 1 Gbit/s pour un prix mensuel majoré de 10 dollars par rapport aux forfaits mobiles 4G et un tarif plus compétitif pour les clients existants sur le fixe.

En revanche, la connectivité n'est accompagnée d'aucun service ou contenu en particulier, laissant les utilisateurs libres de profiter d'offres OTT ou de se servir d'applications tierces.

Selon Victoria Lonker,

« Une adoption plus large de la 5G à terme repose à la fois sur le développement de l'offre et la multiplication des terminaux ».

Pour protéger ces appareils haut de gamme, les contrats d'assurance téléphone devront également être adaptés. De plus, chaque implantation en Fixed Wireless Access représente un challenge technique du fait de l'obligation d'installer au domicile du client un point d'accès doté d'une antenne en plus du routeur.

Le déploiement en France « en retard, mais pas nécessairement trop tard »

Côté français, le déploiement de la technologie est prévu pour 2020, ce que d'aucuns pourraient estimer tardif alors que des pays comme la Corée du Sud ou la Suisse, en plus des États-Unis. Pour autant, la vice-présidente de Verizon estime qu'

« Il n'est pas trop tard et rappelle que deux conditions essentielles doivent être réunies pour assurer le succès d'un tel lancement ».

Elle souligne notamment la nécessité d'un réseau de fibres optiques dense pour connecter les stations de base mobiles des opérateurs locaux. Par ailleurs, les fréquences 5G doivent être attribuées aux différents acteurs du marché afin que ces derniers puissent accéder au spectre.

« Cette procédure étant encore en attente »

Selon Victoria Lonker, elle peut expliquer la lenteur des opérateurs à relier leurs stations de base en fibre.

Une fois pleinement exploitée, la 5G sera un vecteur d'innovation, principalement pour les industries et les entreprises, plus que pour le grand public. D'après cette spécialiste,

« Dans les domaines aussi divers que la mobilité, la sécurité, la santé, etc., la technologie va ouvrir le champ des possibles ».

Les opportunités seront encore plus importantes en Allemagne et dans les autres pays où des acteurs hors du secteur des télécommunications ont obtenu des bandes de fréquences 5G.