Un road trip à bord d’une classique américaine entre Los Angeles et New York fait rêver tout amoureux des États-Unis. Mais l’Annécien Emmanuel Avalle, lui, a un autre rêve : traverser le pays de l’Oncle Sam à bord… d’une trottinette électrique. Son périple a déjà commencé et devrait se terminer avant le 19 septembre.

La trottinette électrique n'est pas vraiment le genre de véhicule qu'une personne lambda choisit pour parcourir la mythique route 66 et les grands espaces du cœur des États-Unis. Une telle escapade s'effectue habituellement, soit à bord :

  • D'une Ford Mustang ;
  • D'un pick-up à l'ancienne ;
  • D'un camping-car.

Ces voitures offrent un niveau de confort et de sécurité bien plus élevé, en plus de coller parfaitement avec le fameux « rêve américain ». Emmanuel Avalle balaie d'un revers de main ces idées préconçues. Cet ingénieur de 27 ans, ancien cadre chez Danone, a jeté son dévolu sur une trottinette électrique pour son aventure américaine.

Emmanuel et Brigitte partent en Amérique

Traverser les États-Unis en trottinette électrique n'est pas un voyage sans accroc. Emmanuel Avalle en est conscient, d'où son choix – non sans malice – de baptiser sa monture « Brigitte ». Une telle expédition exige avant tout une organisation carrée et une préparation technique minutieuse. Souscrire une assurance trottinette électrique ne suffit pas. L'ingénieur annécien doit aussi programmer son parcours en tenant compte des points de recharge pour son petit engin motorisé et pour ses caméras. Il serait dommage de priver ses abonnés YouTube et Instagram des images d'un Français qui se faufile au cœur des États-Unis à bord d'une trottinette conçue pour les courts déplacements en ville. Afin de gagner en flexibilité et en autonomie, l'aventurier n'a pris que l'essentiel : « trois t-shirts et trois caleçons » selon lui.

Outre ces considérations techniques et pratiques, le trajet en lui-même pose parfois problème. Rallier deux villes est rarement une sinécure, à cause de l'état des routes et de la position debout en permanence – synonyme de mal de dos et de tensions sur les fessiers. Les grandes prairies et les forêts américaines réservent parfois quelques surprises. Le Français raconte avoir rencontré un ours avec ses petits dans le Parc national des séquoias, en Californie. La belle bête ne l'a heureusement pas pourchassé. Emmanuel a déjà posé son empreinte à travers le Kansas, l'Illinois et le Wisconsin.

Une incursion au plus près de l'Amérique

Après 5?000 kilomètres en trottinette, le Français dresse un bilan plutôt positif de son parcours. Certes, la recharge des batteries électriques constitue toujours un casse-tête, surtout dans les territoires isolés comme le désert du Grand Canyon. Emmanuel Avalle s'en est toutefois sorti, en utilisant l'électricité des chambres louées, des aires d'autoroutes, des motels et, plus difficilement, dans les campings sauvages. Mais pour l'ancien salarié de Danone, ces petits aléas n'enlèvent rien au plaisir de conduire, seul, à travers l'immensité des États-Unis.

Brigitte lui a permis de faire de belles rencontres lors du périple. Le déplacement lent, à une moyenne de 21 km/h pendant 5 heures par jour, lui donne d'ailleurs plus de temps pour apprécier le paysage et mieux s'imprégner du pays. Enfin, Emmanuel voit dans ce pari osé l'opportunité de « se découvrir », plus que de découvrir les États-Unis. Le jeune aventurier espère atteindre New York avant le 19 septembre, soit la date de son vol retour en France.