L’arrêt des véhicules thermiques pour 2040 est un projet coûteux

La réduction des émissions de CO2 constitue l’objectif majeur de ces dernières années, en France comme au niveau mondial. Tous les secteurs responsables de ces émissions sont ainsi concernés, et les autorités travaillent de façon à réduire l’empreinte écologique de chacun. Bien évidemment, le transport routier se trouve impliqué dans ce projet.

Mais pour réduire les émissions de gaz occasionnées par le trafic routier, il faut nécessairement développer l’électromobilité. La mise en place d’une telle solution a cependant un prix. De quelle manière interdire définitivement les voitures thermiques au profit de la motorisation électrique pour 2040 ? D’importants investissements sont attendus de la part de l’exécutif.


Un retard à rattraper en France

En juillet 2017, le gouvernement a lancé le Plan climat ayant pour objectif d’accélérer la lutte contre le réchauffement climatique. Pour y parvenir, ce plan prévoit l’arrêt définitif de la commercialisation des voitures thermiques d’ici 2040. Les chiffres relevés montrent toutefois un retard notable.

En effet, le trafic routier est toujours responsable de 28 % des émissions de gaz. De plus, la vente de véhicules électriques connaît une progression lente. L’an dernier, elle représentait 25 % de l’ensemble des ventes, soit 45 000 véhicules qui incluent 14 500 hybrides rechargeables.

Pour avancer vers une motorisation 100 % électrique, il faut avant tout réaliser de réels progrès dans le développement des batteries et des infrastructures pour la recharge. À l’heure actuelle, la batterie lithium reste la solution privilégiée par les constructeurs.

Néanmoins, des améliorations restent à faire. Pour conduire en mode tout électrique, il faut effectivement des véhicules plus autonomes. Augmenter la densité énergétique des batteries constitue donc une priorité absolue. Le prix, la durée de vie et la sécurité représentent également des axes d’amélioration non négligeables.

Ce retard au niveau de la mise en service des équipements et des infrastructures constitue un handicap majeur pour le développement de l’électromobilité. À titre d’exemple, en 2018, seulement 250 000 véhicules légers utilitaires ont été commercialisés dans le monde. Bien que ce chiffre ait augmenté, il faut dire que les livraisons peinent à décoller. Il en est de même pour les camions, avec 1 000 à 2 000 ventes.


Une amélioration progressive au niveau mondial

Le développement de la motorisation 100 % électrique requiert l’implication de tous. Outre les constructeurs, une initiative de la part des professionnels de l’assurance est également attendue. Le conducteur peut en effet faire face à des pannes ou occasionner des sinistres pendant la recharge. Changer la batterie reste pourtant un investissement important. Dans de pareils cas, ils doivent avoir la possibilité de compter sur ces professionnels.

Certains d’entre eux proposent déjà des couvertures en cas de sinistres ou pour le remplacement de la batterie.

Le conducteur est alors invité à consulter un comparatif assurance auto pour trouver une offre adaptée à ses besoins.

Il doit en effet s’assurer de bénéficier de toutes les garanties spécifiques dédiées à un véhicule électrique ainsi que des services de base prévus par un contrat d’assurance auto.

Mais malgré tous ces défis, l’on note un certain progrès de l’électromobilité au niveau mondial. D’après le rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), une réduction des émissions de CO2 a été observée en 2018 concernant le transport routier. Grâce au développement des biocarburants et la mobilité électrique, les émissions n’ont augmenté que de 0,6 %, contre 1,6 % les années précédentes.

Les ventes ont également progressé, avec 2 millions de voitures électriques commercialisées l’an dernier. Cela équivaut à une hausse de 64 %. Occupant 55 % du marché mondial, la Chine représente le plus gros consommateur. 2,3 millions de véhicules électriques y ont été vendus. Elle est suivie par l’Union européenne (1,2 million) et les États-Unis (1,1 million). Au total, le parc mondial regroupe 5,1 millions de véhicules à motorisation électrique.


Des scénarios encourageants mais coûteux

Pour aller dans le sens de cette progression, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a mis en exergue dans son rapport trois scénarios permettant chacun la disparition de la motorisation thermique et la diminution des émissions de gaz. Deux d’entre eux sont encourageants :

  • l’un prévoit une amélioration rapide de la densité des batteries au lithium (pour aller de 150 Wh/kg en 2018 à 300 Wh/kg) et une chute de leur prix (de 230 euros/kWh en 2018 à 50 euros/kWh) ; 
  • l’autre mise sur l’hydrogène et présume une chute du prix des réservoirs de stockage et des piles à combustible.

Mais le coût de l’investissement sera également le point marquant de ce rapport. En effet, pour parvenir à supprimer définitivement la motorisation thermique, l’État doit maintenir les aides financières pour l’achat d’un véhicule électrique et multiplier les stations de recharge et d’hydrogène.

Le montant des aides financières s’élève actuellement à 6 000 euros, alors que le coût de la construction des bornes de recharge est estimé entre 30,7 milliards et 108 milliards d’euros. Au total, le gouvernement doit supporter un investissement de 500 milliards d’euros sur 20 ans afin de passer au 100 % électrique.

L’objectif sera-t-il atteint ? Les progrès réalisés sont déjà prometteurs. Mais l’avancée reste lente, sachant que la commercialisation de véhicules électriques représentait seulement 2,5 % des ventes mondiales en 2018. Pour accélérer le passage au tout électrique, l’AIE met ainsi en avant un plan qui prévoit la vente de 23 millions de voitures à motorisation électrique d’ici 2030.