Lancé en 2019, Facebook Pay fait partie des concepts cristallisant l’ambition des géants de la technologie dans l’univers de la bancassurance. En juillet dernier, cette fonctionnalité a été intégrée à WhatsApp sur le marché brésilien, en vue d’un prochain déploiement international. Apple Pay et Google Pay représentent également une première étape du développement des GAFA dans le secteur financier.

Après le monde de la finance, les géants de la Silicon Valley commencent à concrétiser leurs projets dans le secteur de l'assurance. Le groupe Amazon dispose actuellement d'une avance significative sur ses concurrents dans ce domaine. En effet, le site de e-commerce propose depuis 2018 une couverture santé dédiée entre autres à ses salariés et à ceux de JP Morgan Chase.

Outre sa puissance financière, le plus grand atout de la plateforme marchande réside dans ses ressources technologiques et sa capacité à traiter les données des clients. Ces spécificités permettent actuellement aux assureurs de fournir des contrats et des services particulièrement avantageux.

Des partenariats intéressants

Selon les spécialistes, les GAFA ont révélé le point faible des banquiers et des assureurs à l'ère du Big Data. Ces derniers disposent en effet d'une immense quantité de données. Pourtant, ils sont incapables de mettre à profit ces ressources particulièrement avantageuses dans le contexte actuel.

Les banques et les compagnies d'assurances ont donc intérêt à rattraper leur retard sur ce plan. De cette manière, elles pourront adapter leurs produits et services à l'évolution des besoins des consommateurs. Aujourd'hui, l'analyse des données assureurs requiert un traitement croisé avec l'historique internet des utilisateurs pour obtenir un résultat optimal. Les Assurtech et les Fintech l'ont compris. Ainsi, ces jeunes pousses sont désormais des alliés incontournables pour les banques de réseau et les compagnies d'assurances.

Les géants de la technologie représentent également d'excellents partenaires potentiels. Comme l'a souligné Philippe Perret, dirigeant de Sogecap (Société Générale) :

[Les GAFA] ne sont pas réellement des concurrents directs. Nous commençons à réfléchir à des partenariats avec eux, car ils ont une puissance technologique incomparable. Mais, ces partenariats devront avoir du sens pour nos clients.

D'autre part, les banquiers et les assureurs peuvent miser sur la réticence des consommateurs français envers les géants de la Silicon Valley. En effet, seulement 10 % d'entre eux sont disposés à leur remettre leur argent.

Une récente intensification de la concurrence

Suite au partenariat signé entre les deux groupes, les clients de Carrefour ont depuis peu la possibilité de payer leurs achats au sein du réseau de distribution via Apple Pay. Cette collaboration figure parmi les nombreuses initiatives démontrant la stratégie d'expansion des GAFA en Europe et dans le monde. Google, pour sa part, s'est associé avec Citigroup pour développer son futur compte courant.

Par ailleurs, les GAFA ne sont pas les seuls à afficher un intérêt grandissant pour l'univers de la bancassurance. Leurs équivalents asiatiques, les BATX, commencent également à se montrer très agressifs dans ce secteur. Tencent et Alibaba, par exemple, ont déjà obtenu leur licence bancaire respective l'an dernier. De plus, le premier a ajouté une plateforme dédiée à l'assurance sur WeChat dès 2017.

Sur le continent africain, ce sont surtout les opérateurs de télécommunications qui présentent une stratégie de diversification orientée vers la bancassurance. L'enseigne allemande Vodaphone a notamment été la première à lancer sa banque mobile en Tanzanie et au Kenya.

Depuis quelques années, Orange Money se développe de manière exponentielle en Afrique de l'Ouest est le terrain d'essor. Ce service continue par ailleurs d'enrichir ses fonctionnalités avec les transferts d'argent, les crédits, etc. Orange expérimente également le microcrédit à Madagascar. L'opérateur français se sert principalement des données issues de la téléphonie pour limiter les risques liés à ce type de prêt.