L’assurance incendie est encore très peu utilisée chez les exploitants forestiers en France. Sur 10 millions hectares de forêts exploitées, près de 9 % seulement bénéficient d’une couverture d’assurance. De plus, cette proportion peine à évoluer depuis cinq ans. Pour les professionnels du secteur, l’État doit intervenir pour améliorer ce taux. Ils espèrent une défiscalisation identique à celle de l’assurance tempête.

Les incendies survenus dernièrement dans les Landes rappellent l'importance d'une couverture d'assurance. En France, l'assurance incendie est actuellement proposée par trois acteurs. Il s'agit de Groupama Forêts Assurances, Sylvassur et XLB (Xavier de la Bretesche).

Le problème ne vient cependant pas du nombre réduit des opérateurs sur le marché, il concerne plutôt les forestiers. À ce jour, très peu d'entre eux font le choix de souscrire une garantie qui les protège en cas d'incendie. Les professionnels du secteur espèrent obtenir l'aide des pouvoirs publics pour faire évoluer cette situation. Surtout après les catastrophes qui se sont produits en Gironde.

Une réduction fiscale pour l'assurance incendie

La fonction sociale et environnementale qu'elle remplit mérite que l'État participe à la protection de la forêt. C'est l'avis soutenu par la Veille économique mutualisée de la filière forêt-bois. L'Observatoire souligne son rôle dans la préservation de la biodiversité, de la qualité de l'eau et de l'air. Les assureurs forestiers espèrent à ce titre un soutien financier de la part des pouvoirs publics. Le financement s'adressera aux exploitants en vue de favoriser la souscription d'un contrat d'assurance.

La politique attendue par ces professionnels est loin d'être facile à mettre en œuvre. La difficulté vient d'une loi adoptée en 2017. Elle enlève à l'État toute obligation de soutenir les sylviculteurs en cas de tempête. Et ce, pour les domaines couverts par une assurance. En d'autres termes, cette réglementation contrait les propriétaires des forêts à assumer les dégâts eux-mêmes. Une réduction fiscale de 4,76 euros par hectare est toutefois accordée à ceux qui souscrivent une garantie contre la tempête.

Les entreprises d'assurance souhaitent un dispositif d'allègement fiscal identique pour l'incendie, avec un taux de réduction amélioré. La garantie tempête et incendie coûte en effet une vingtaine d'euros aux forestiers. Ils peuvent connaître le tarif avant la souscription en consultant un comparateur assurance en ligne. Les assureurs demandent en outre la reconnaissance de l'incendie au titre de catastrophe naturelle. Ils avancent l'idée qu'il représente une conséquence du dérèglement climatique.


Deux tiers des zones sinistrées ne sont pas assurées

En Gironde, 20 800 hectares de forêt ont été brûlés après le dernier incendie survenu. 3 000 pompiers ont été mobilisés, mais il a fallu 12 jours pour éliminer complètement la menace. Le feu qui a démarré le 12 juillet n'a été éteint que le 24 juillet 2022. 36 750 personnes ont dû quitter leurs domiciles. Les commerçants et les entrepreneurs ont, en plus, perdu leurs sources de revenus.

Les zones sinistrées renfermaient l'équivalent de 25 % de la quantité de bois exploitée annuellement dans la forêt landaise. Le territoire utilise environ 6 à 8 millions de mètres cubes de bois chaque année. Deux tiers de l'espace parti en fumée ne sont pas couverts par une assurance. Pourtant, les particuliers représentent 95 % des propriétaires de domaines forestiers dans la Gironde.

Lors de sa visite, le Chef de l'État a fait part d'un projet national visant à rétablir et préserver les forêts. Les assureurs forestiers profitent du programme annoncé pour mettre en avant les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

L'assurance dédiée aux forestiers n'a vu le jour qu'en 2013 en France. Différentes garanties sont proposées en dehors de celles pour l'incendie et la tempête. Certaines compagnies couvrent les dégâts occasionnés par un gel ou une chute de neige. L'offre comprend également une garantie responsabilité civile pour les dommages causés à autrui. Les assurés ont droit à une indemnisation calculée sur la base de la surface sinistrée en cas d'incendie. Le montant se situe aux environs de 5 000 euros, mais peut aller jusqu'à 25 000 euros par hectare. Une telle somme est atteinte pour les domaines qui renferment des arbres de valeur.