Les spécialistes prévoient une baisse notable du nombre d'accidents de la route dès que les voitures autonomes se généraliseront. Cette tendance implique logiquement une baisse du volume des primes pour les assureurs. De ce fait, les grandes compagnies d’assurances bénéficieront d’un avantage significatif dans le secteur, car elles seront les seules capables d’établir des partenariats avec les constructeurs.

Les assureurs s’inquiètent actuellement des changements à venir dans leur secteur lors de l’arrivée massive des modèles autonomes sur les routes. Même si la technologie n’est pas encore tout à fait au point, les constructeurs automobiles investissent des sommes considérables dans le développement de ce type de véhicule. Il est donc clair qu’il s’agit de la voiture du futur.

Les compagnies d’assurances ont tout intérêt à se préparer correctement pour affronter ce grand bouleversement. Avec la chute du taux d’accidents, les professionnels du secteur perdront une part importante de leurs chiffres d’affaires liés à ce type de sinistre. Ainsi, ils doivent dès maintenant travailler sur d’autres sources de revenus.


Une transformation inévitable des modèles

Jusqu’à présent, les contrats d'assurance dédiés aux premiers modèles de voitures autonomes sont encore très rares sur le marché. Toutefois, cette future génération de véhicules pourrait transformer en profondeur la situation dans le secteur. Les constructeurs pourraient, par exemple, décider de créer eux-mêmes des assurances spécifiques pour leurs modèles.

D’ailleurs, Tesla a récemment lancé sa propre assurance auto en Californie en collaboration avec State National. Le pionnier de la voiture électrique a promis de réduire les primes d’au moins 20 % pour sa clientèle. De plus, l’entreprise envisage déjà de proposer une offre permettant de couvrir un réseau de véhicules partagés.

Dans ce contexte, les grandes compagnies d’assurances et de réassurances bénéficieront d’un atout considérable sur le marché. En effet, cette nouvelle configuration nécessitera une importante capacité de négociation avec les constructeurs et les entreprises d’envergure mondiale. Les grandes structures seront donc avantagées.

De leur côté, les sociétés de plus petite taille risquent de se retrouver dans une situation précaire. En effet, leurs activités sont généralement orientées vers le consommateur. Elles pourraient ainsi se retrouver exclues des contrats B2B prévalant dans le secteur.

Cependant, la révolution promise par les constructeurs prendra du temps, permettant ainsi aux petits assureurs de réajuster progressivement leur stratégie.


Une activité non menacée par l’avènement des autonomes

La forte baisse du nombre d’accidents de la route est une perspective encourageante pour les particuliers comme les professionnels, y compris les courtiers, même si elle risque d'entraîner la résiliation assurance pour ce type de sinistre.

Selon les spécialistes, ce phénomène devrait être un des plus grands avantages de la généralisation des véhicules sans pilote ou même semi-autonomes. Ces derniers se caractérisent par différents systèmes automatiques comme le freinage d'urgence, le régulateur de vitesse adaptatif, etc. En effet, les erreurs humaines sont à l’origine d’accidents 9 fois sur 10.

D’après une analyse de KPMG, les assureurs américains devraient voir le coût des sinistres diminuer de 60 % d’ici 2040 grâce aux voitures autonomes. Cette chute du taux de sinistralité aura un impact sur les primes et les marges des assureurs. Ils perdront en effet une grande part de leur chiffre d'affaires.

Néanmoins, les voitures du futur auront encore besoin d’une assurance. En dépit de leurs nombreux atouts, elles pourraient encore être victimes d’accidents, de vols ou de dommages liés aux intempéries, aux incendies, etc.

D’autre part, le piratage représente une nouvelle forme de risque qui augmentera avec l’avènement de ces véhicules ultraconnectés. Les professionnels auront ainsi l’opportunité de développer davantage leurs offres en cyberassurance.