Les véhicules diesel sont désormais stigmatisés suite à de nombreux scandales écologiques. Les essences, pour leur part, sont victimes de malus en raison de leurs émissions de CO2. Enfin, les hybrides et les électriques coûtent trop cher. Au final, les acheteurs n’arrivent plus à savoir quelle motorisation choisir. Pour l’heure, ils préfèrent ainsi miser sur les voitures d’occasion.

Le diesel était jusqu’à présent la motorisation parfaite pour les gros rouleurs et les automobilistes comptant rentabiliser leur achat sur le long terme. Cependant, cette technologie a récemment été discréditée par des scandales impliquant le trucage de ses émissions de polluants (oxydes d’azote, CO2 et particules fines). De nombreuses villes européennes envisagent ainsi d’interdire progressivement l’usage de ce type de moteur.

Par conséquent, les inconditionnels de diesel ont dû se résoudre à basculer vers l’électrique, l’hybride ou encore l’essence. Ils sont toutefois confrontés à un choix cornélien en raison des inconvénients non négligeables de chacune de ces options. L’attentisme tend ainsi à se généraliser dans le secteur.


Des clients déroutés

Aujourd’hui, les consommateurs ont généralement du mal à choisir la motorisation de leur nouveau véhicule en raison de la complexité technologique et réglementaire inhérente à chaque modèle. De ce fait, ils préfèrent souvent attendre l’évolution de la situation.

Comme le souligne le patron de Valeo, Jacques Aschenbroich :

« Il y a un phénomène d’attente. Les gens se disent : « Je ne sais pas quoi acheter, donc je ne change pas mon véhicule et j’attends ». C’est probablement l’une des explications aujourd’hui à la baisse du marché européen ».

Malgré un contexte défavorable, la France semble insensible à ce phénomène avec une projection de 2,1 millions de nouvelles immatriculations pour cette année. Cependant, il s’agit surtout d’un effet trompe-l'œil dû à la résilience du marché destiné aux entreprises. Un spécialiste explique :

« Mais, quand on entre dans le détail des chiffres, on se rend compte que ce sont les ventes aux entreprises qui tirent le marché, alors que les ventes aux particuliers sont en léger recul ».

Dans ce contexte incertain, les Français préfèrent attendre un peu avant d’acheter un véhicule neuf. Entre temps, ils semblent privilégier les voitures d’occasion. De ce fait, le parc automobile du pays a tendance à vieillir. Pourtant, ce phénomène est assez inquiétant sur le plan écologique.

Le paradoxe du diesel

Le secteur automobile présente actuellement certaines incohérences se répercutant inévitablement sur le marché de l’assurance. De nombreux automobilistes ont récemment décidé de passer à l’essence face à l’entrée en vigueur de nouvelles mesures fiscales et écologiques. Cette décision se traduit généralement par l’application d’un malus inexistant sur un modèle diesel équivalent.


Le président de Mazda France, Philippe Geffroy, dénonce d’ailleurs l’absurdité des politiques publiques en la matière. Comme il le remarque :

« On tient un discours anti-diesel qui tue le marché et en même temps le diesel est favorisé par le système de bonus-malus. Les gens sont perdus ».

Philippe Geffroy est également le premier représentant des constructeurs étrangers dans l’Hexagone, car il est le président de la branche véhicules particuliers de la CSIAM (Chambre syndicale internationale de l’automobile et du motocycle). Il milite entre autres pour la neutralité technologique, afin de mettre fin à la campagne de diffamation contre le diesel.

Le responsable s’étonne, par exemple, que les vignettes « Crit’Air » (classant les voitures selon leur taux d’émissions de gaz polluants) tendent à avantager les hybrides rechargeables pesant près de 2 tonnes et consommant énormément. Pourtant, selon l’expert, avec le même rapport puissance-poids, la dernière génération de diesel se révèle nettement plus intéressante, notamment d’un point de vue écologique.