Qu’ils ronronnent, câlinent ou jouent, les animaux domestiques ont une place privilégiée dans la vie des Français. Cet engouement envers les bêtes se confirme avec le succès des cirques itinérants et des établissements d’exposition de cétacés. Toutefois, le taux d’abandon est de 100 000 cas par an. Pour mieux les protéger, une nouvelle loi contre la maltraitance animale a été votée.

D'après les données de Trente Millions d'amis, le taux d'adoption d'animaux est considérable en France. Les ménages hébergent plus de 12 millions de félins et 7 millions de canidés. Les estimations sont de 1 million pour les chevaux. Cependant, cette grande attirance pour les animaux domestiques a un revers. Le pays enregistre 100 000 abandons tous les ans.

Heureusement, la proposition de loi sur la lutte contre la maltraitance animale a été adoptée le 29 janvier dernier. Le texte a reçu l'accord de 79 parlementaires sur 2. Parce que les conditions de détention y figurent, la souscription à une assurance animaux est un premier pas à franchir.


La loi sur la protection animale innove après plus d'un siècle

Appelé Loi Grammont, le premier texte sur les mauvais traitements envers les animaux domestiques fut adopté le 2 juillet 1850. Il a fallu attendre plus de 170 ans pour revoir les conditions de détention de ces êtres à quatre pattes.

L'Assemblée nationale a pris des dispositions pour la protection des animaux sauvages et domestiques. L'article 8 condamne la maltraitance et les sévices graves. La peine de 3 ans est renforcée par une amende de 45 000 euros. Ces sanctions s'accompagnent d'un stage de sensibilisation et d'une interdiction de détention d'animal pour toute personne reconnue coupable. L'article 10 de la proposition de loi dénonce la zoopornographie.

Le cas des animaux détenus dans les cirques itinérants est traité par l'article 12. Le texte proscrit l'acquisition, la détention et la reproduction de toutes les espèces sauvages et non domestiques.

Les autres textes concernent les animaux sauvages exhibés dans les fêtes privées et sur les plateaux télévisés. Avec l'article 14, les montreurs d'ours et de loups ne pourront plus exercer.

Un certificat de sensibilisation sera délivré à l'adoption d'un animal domestique

Soucieux du sort des animaux domestiques, les députés ont voté pour un certificat de sensibilisation. Ce document sera fourni à toute personne souhaitant acheter un chien, un chat ou un NAC (nouveaux animaux de compagnie).


Mais avant de pouvoir quitter les refuges et les centres d'élevage, les animaux devront se faire identifier. Cette étape devient une obligation pour les carnivores domestiques. Pour s'assurer de l'application de ces nouveaux dispositifs, les gardes champêtres et les policiers municipaux seront mis à contribution.

Pour ce qui est des chats errants, l'Assemblée nationale confie leur gestion à la mairie. Ils seront capturés, pucés et stérilisés. Quant aux chevaux abandonnés, ils devraient être mis en vente aux enchères publiques.

Inquiets des impacts de cette nouvelle proposition de loi sur la maltraitance animale, les parcs animaliers sont sur le qui-vive. Certains ont même pris les devants en décidant la fermeture de leurs établissements.

C'est le cas du delphinarium du Parc Astérix. À noter que la liste des animaux sauvages interdits en cirque sera fournie par arrêté ministériel.