Les organismes bancaires sont bien déterminés à conserver leur monopole dans le marché de l’assurance emprunteur immobilier. Un secteur totalisant annuellement 7 milliards d’euros de cotisations encaissées et qu’ils maîtrisent à hauteur de 88 %. Pour entretenir leur emprise, ils misent ainsi sur des arguments tels que la démutualisation des tarifs.

Ces derniers jours, les banques de France ont avancé différentes propositions surprenantes en matière d'assurance emprunteur. Parmi ces institutions, le Crédit Agricole. Celui-ci projette de restreindre les décalages de prix pour chaque compagnie d'assurance entre ses diverses cibles de demandeur de crédit. L'institution veut les limiter de 1 à 4.

Une suggestion qui suscite quelques questions auprès des observateurs. En partie parce que voir une banque s'engager dans cette direction se révèle relativement inhabituel. Depuis 18 ans, les établissements de ce genre disposent tous des grilles tarifaires divisées en segments. Certaines enseignes, et principalement le Crédit Agricole, aménagent en outre ces derniers par des mécanismes de dérogations discrétionnaires de tarif.


Le Crédit Agricole émet une proposition inefficace

Parfois, ces dispositifs dépassent même les 50 % de remise. Dans certains organismes, le taux s'établissait en décembre 2016 à 70 %, d'après un rapport d'Actélior. Depuis plusieurs années, le coût des formules classiques des banques a ainsi complètement perdu sa transparence. Pour mieux choisir son contrat, consulter un comparateur assurance semble avisé.

Cependant des interrogations se posent aussi sur l'efficacité de la mesure de la banque verte. Comme les distributeurs alternatifs, les institutions bancaires possèdent en effet très fréquemment une large palette d'offres d'assureurs distincts. Pour cette raison, ce dispositif devient infructueux.

De son côté, Crédit Mutuel a récemment annoncé la suppression du questionnaire de santé pour ses membres fidèles. L'on précisera ici que la décision est exclusivement destinée aux adhérents inscrits depuis au moins 7 ans auprès de l'établissement. De plus, il faut également :

  • Ne pas dépasser les 500 000 euros de crédit sollicité ;
  • Être âgé de 62 ans maximum ;
  • Domicilier principalement ses revenus et ses comptes au sein de la banque.

Le Crédit Mutuel s'oppose à l'ouverture du marché

Le groupe mutualiste profitait de cette déclaration pour critiquer la libéralisation du marché de l'assurance emprunteur. D'après lui, cela encouragerait le départ des jeunes présentant une santé radieuse chez les assureurs alternatifs. Ceci afin de profiter de primes plus abordables. Il prévient ainsi que cette ouverture engendrerait une démutualisation du marché. Ce qui favoriserait l'exclusion des emprunteurs mal portants ou les plus vieux.

À ce propos, certains se demandent comment une telle conjecture pourrait pousser une banque à abolir des questionnaires médicaux. Surtout sachant que le marché prouve que l'on assiste à un phénomène opposé. Avec l'âge des assurés, le recours aux compagnies d'assurance alternatives affiche en effet une tendance haussière. C'est ce qu'a découvert le Comité Consultatif du Secteur Financier (CCSF) dans une étude de novembre 2020. À ce titre, tous âges pris en compte, 12,4 % des emprunteurs disposent d'une assurance alternative externe. Pour les moins de 30 ans, le pourcentage s'établit à 9 %. En ce qui concerne les 60 ans ou plus, il s'élève à 18 % .