L’hydrogène est la solution mise en avant afin de réduire l’utilisation du pétrole, notamment dans le transport. Cependant, cette source d’énergie ne semble pas suffisante pour combler les besoins, tant pour ce secteur que pour les autres usages. Une alternative existe : les biocarburants. Limiter la déforestation représente dans ce cas un autre défi.

De nos jours, le secteur du transport fonctionne à 98 % avec du pétrole. Les bateaux, les trains, les voitures et les camions sont responsables de 14 % des émissions de CO2. Bien entendu, des solutions ont été avancées pour remplacer le pétrole. Elles sont même en train de se mettre en place actuellement. Les véhicules électriques, par exemple, font déjà l'objet d'une couverture en assurance. Toutefois, les besoins restent énormes, et le passage à l'électrique ne suffit pas.

Les biocarburants offrent une issue. Encore faut-il trouver un moyen de les produire sans condamner les forêts en Amérique du Sud, en Indonésie ou en Malaisie.


Des centaines de millions de tonnes de biocarburants nécessaires

Au sein de l'Union européenne, des directives ont été adoptées afin de se désintéresser progressivement de ces forêts. Elles prévoient également de réduire l'usage des biocarburants de première génération, qui consommeraient une grande partie des terres agricoles. Pour l'heure, ces directives concernent uniquement les pays d'Europe.

Par ailleurs, la production actuelle reste insuffisante. En 2019, la filière n'a produit que 96 millions de tonnes d'agrocarburants. Or, la production ne pourrait augmenter annuellement que de 3 % dans les années à venir.

D'après l'Agence internationale de l'énergie (AIE), il faudrait multiplier par 3 la production dans les 10 prochaines années. L'objectif étant d'atteindre les 300 millions de tonnes demandées en 2030. Ne serait-ce que pour les transports aérien et maritime, il faut environ 72 millions de tonnes de biocarburants.

L'hydrogène est une alternative, notamment pour les navires, les trains et les utilitaires. Les avions peuvent également s'en servir, à condition de résoudre les problèmes engendrés par ce gaz qui s'avère explosif. D'autre part, sa production n'est pas sans conséquence sur l'environnement. En effet, un kilo d'hydrogène extrait du méthane équivaut à 9 kilos de CO2 émis. Pour obtenir proprement la quantité consommée à ce jour au niveau mondial, la totalité de l'électricité utilisée en Europe est requise.


Réduire la dépendance au pétrole d'ici 2050

En matière de véhicules électriques, seuls les modèles légers fonctionnent avec une batterie. Et en supposant qu'ils constituent l'ensemble du parc, le pétrole resterait indispensable pour les utilisations en dehors du transport. Selon un dirigeant d'Esso, les besoins pour cette matière première seraient toujours équivalents à la consommation en 2010.

De plus, cela nécessiterait la production de 50 fois plus de batteries qu'il n'en existe actuellement. Sans oublier les autres usages, tels que l'industrie ou le chauffage, qui généreront prochainement une forte demande en électricité verte.

À ce jour, le pétrole représente 30 % des énergies consommées dans le monde. Or, il faudrait baisser à 20 % en 2040 pour parvenir à un environnement décarboné en 2050, selon l'AIE.

Pour cela, la production de nouveaux carburants d'origine végétale s'avère inévitable. Ils peuvent être à base de déchets de bois, issus de résidus agricoles ou forestiers. Ils permettent de passer outre l'exploitation de la palme ou du soja, et d'échapper à la déforestation. Cela nécessite des moyens financiers et de nouvelles réglementations afin de les promouvoir.