Certains smartphones commercialisés avant 2016 ne respectent plus les normes de sécurité en termes d’émissions d’ondes, notamment lorsqu’ils sont rangés dans la poche d’un vêtement. L’Anses recommande la mise à jour des téléphones concernés si les fabricants ne songent pas à les retirer du marché. La loi fixe un seuil de 2 watts par kilogramme pour le DAS.

La distance d’éloignement (entre l’organisme et le téléphone) employée pour mesurer le débit d’absorption spécifique (DAS) pouvait atteindre 2,5 centimètres. C’était il y a quelques années. Mais afin que les téléphones portables puissent être examinés dans des conditions plus représentatives de la réalité, les règles ont été durcies en avril 2016.

Désormais, les émissions d’ondes sont évaluées à 5 millimètres au plus, s’agissant des rayonnements au niveau du tronc. Quel est l’impact de ce changement sur le marché ? Tous les téléphones commercialisés en magasin ou en ligne doivent-ils se conformer à la nouvelle réglementation ?

S’aligner sur les normes coûte que coûte pour éviter les rappels

L’Anses ne manque pas de rappeler que les smartphones qui affichent des valeurs de DAS significatives quand ils sont rangés à proximité du corps sont toujours disponibles sur le marché.

En même temps, le temps moyen d’utilisation d’un téléphone oscille entre trois et cinq ans comme l’indique le directeur général de l’établissement de santé, Roger Genet. C’est ce qu’il a avancé dans un rapport publié le 21 octobre dernier.

Réalisant usuellement des contrôles à ce sujet, l'Agence nationale des fréquences (ANFR) a recensé 16 téléphones non respectueux de la nouvelle norme entre 2016 et 2019. Le DAS affiché par ces appareils a dépassé 2 watts par kilogramme lorsqu’ils étaient placés à 5 millimètres de distance. Ainsi, l’an passé, certains modèles ont fait l’objet d’un rappel par les industriels.

Vers un durcissement de la réglementation en vigueur sur le territoire français ?

Au vu des résultats des tests menés par l’ANFR, l’Anses estime que l’évaluation du DAS tronc des smartphones doit être réalisée au contact du corps. L’agence sanitaire note :

« Les résultats avaient révélé qu'une grande proportion des téléphones testés présentait des valeurs de DAS supérieures à la valeur de 2 W/kg, certaines dépassant 7 W/kg au contact ».

L’Anses a formulé d’autres préconisations dans son rapport à destination des consommateurs ayant souscrit ou non une assurance téléphone :

« L'Anses recommande que des mesures soient prises afin que les utilisateurs ne soient plus exposés à des DAS supérieurs à 2 W/kg, par exemple par le biais de mises à jour des logiciels des téléphones (ou) le rappel de téléphones ».

Pour l’heure, avant qu’une solution soit trouvée, l’agence suggère de ne pas transporter les téléphones trop près de l’organisme.