Le Sida ou Syndrome d’immunodéficience acquise, les maladies cardiovasculaires, les accidents de la route mortels et les suicides ont sévi il y a de cela deux décennies. Aujourd’hui, les temps ont changé, les avancées médicales et les mesures préventives y étant pour beaucoup. Dans la même foulée, cependant, le mode de vie actuel quelque peu débraillé suscite l’expansion de certaines pathologies graves.

Au cours d’un constat de décès, un médecin estime les différentes sources ayant pu causer la mort d’un individu. Ses résultats sont alors enregistrés parmi les autres au sein du CépiDc (Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de Décès). Ce qui a permis au quotidien Le Monde de révéler l’évolution des principales causes de mortalité en France, depuis 1994 à ce jour.

En effet, il a été dévoilé que les trépassés suite à un acte suicidaire, à un incident routier grave ou au Sida, ont considérablement baissé. Même les décès afférents aux troubles cardiaques et aux tumeurs malignes ont régressé. Force est toutefois de reconnaître que le cancer est loin d’être globalement maîtrisé. De fait, dans les détails, certaines formes de cette pathologie ont progressé ces derniers temps.


Une baisse énorme de la mortalité liée aux principales causes de décès mondiales

Des dispositifs de prévention renforcés, des connaissances médicales optimisées… Toutes ces avancées significatives dans l’univers de la santé publique ont indubitablement facilité la lutte contre certains fléaux qui sévissaient la population il y a 25 années. Parmi eux se trouvaient :

  • Les accidents fatals de la route qui, en France, ont causé la mort de quelque 8 500 personnes
  • Les maladies liées au VIH (virus de l’immunodéficience humaine) qui y ont tué 4 800 patients
  • Les suicides
  • Les troubles cardiovasculaires qui sont placés en première position dans le classement des principales causes de mortalité mondiale par l’OMS, et ce, en dépit de la prise en charge des médicaments par la complémentaire santé du patient.

Ainsi, le nombre de décès qui y sont associés se révèle être en net déclin. Pour ce qui est des incidents routiers, par exemple, les données communiquées par l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière annonçaient un recul de 59% environ, pour s’estimer à 3 448 déclarations en 2017. Tandis que les morts par suicide ont diminué de 40% entre 1994 et 2016. La baisse des pertes humaines dues au Sida, quant à elle, a été des plus spectaculaire dans l’Hexagone, à raison de trois centaines seulement en 2016.

Les décès provoqués par un trouble au niveau du cœur ou des vaisseaux sanguins ont notablement régressé en France pour rétrograder cette pathologie de son podium depuis 2004, cédant la place au cancer. Du moins, c’est ce que révèlent les données statistiques de l’Insee.

Le cancer, une pathologie récidiviste

Le cancer est devenu première cause de mortalité dans le monde en raison de la tendance populaire aux comportements à risque, tels que l’exposition abusive aux rayons ultraviolets et la consommation excessive d’alcool ou de tabac, ainsi qu’au mode de vie moins sain comme la sédentarité, la malbouffe et l’obésité. Sans oublier les diverses formes de pollution qui détruisent l’environnement et, de fil en aiguille, empoisonnent l’air.


Mais paradoxalement, le taux de mortalité des patients cancéreux est en nette décélération. Les raisons sont on ne peut plus claires pour la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). Selon elle, en effet, cette tendance serait :

« En raison de l’amélioration des techniques de dépistage et de diagnostic conduisant à une meilleure identification des cas et à des diagnostics plus précoces ».

Toujours est-il que la réalité est moins prometteuse dans les détails. Le fait est que quelques types de cancer sont devenus plus meurtriers ces derniers temps. Celui de la peau, notamment, dont les nouveaux cas ont plus que triplé en trois décennies (de 1980 à 2012). Pour les raisons suscitées, le cancer du poumon frappe durement, avec une proportion plus élevée chez les femmes, à en croire L'Institut national du cancer (INCa) qui souligne que :

« Il a été multiplié par sept ces 30 dernières années et a quasiment doublé entre 2000 et 2012. Ces évolutions sont principalement liées au tabagisme, qui a augmenté chez les femmes ».

Les décès pour cause de cancer du pancréas ou du cerveau ont affiché également une tendance haussière, à raison de 17,08 pour 100 000 habitants en 2016 alors qu’ils s’élevaient à 14,2 pour la même densité 22 années plus tôt.