Les chiffres révélant une baisse du taux de chômage sont-ils fiables ?

L’Insee (Institut national des études statistiques et des études économiques) a récemment publié ses derniers chiffres sur la situation des travailleurs dans l’Hexagone.

Selon cette note, le taux de chômage a baissé de près de 0,2 point au cours du second trimestre. Il se stabilise désormais à 8,5 % des actifs présents sur le territoire français (Mayotte non incluse).

Comme l’indique l’Insee, le chômage a ainsi atteint son niveau le plus bas depuis 2009. Par ailleurs, le phénomène continue de reculer lentement dans tout le pays au même rythme qu’au premier trimestre 2019. Néanmoins, la France (hors Mayotte) compte encore près de 2,52 millions de chômeurs selon les dernières statistiques.


Des chiffres différents pour l’Insee et Pôle emploi

Concernant le chômage, il est important de noter que les données présentées par l’Insee doivent être distinguées de celles communiquées par Pôle emploi. En effet, les deux organismes se basent sur des définitions distinctes de cette situation et utilisent des méthodologies différentes.

Pour l’Insee, le taux de chômage désigne un indicateur trimestriel obtenu à partir d’une enquête menée auprès d’un échantillon de la population, pouvant impliquer des dizaines de milliers de participants. Suivant la définition fournie par l’Insee et transmise par Libération :

« Un chômeur, au sens du Bureau international du travail (BIT), est une personne en âge de travailler (c’est-à-dire ayant 15 ans ou plus) qui n’a pas travaillé, ne serait-ce qu’une heure, au cours de la semaine de référence, est disponible pour travailler dans les deux semaines et a entrepris des démarches actives de recherche d’emploi dans le mois précédent (ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois) ».

D’un autre côté, Pôle emploi recense les demandeurs d’emploi enregistrés sur ses listes et les répartit sous plusieurs catégories.

L’organisme utilise souvent la catégorie A comme principal indicateur de référence. Elle comprend seulement les actifs qui n’ont pas travaillé durant le mois en cours.

Ainsi, selon les dernières statistiques communiquées par Pôle emploi et relayées par Libération :

« En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A baisse de 0,4 % (-14 600) ce trimestre et de 1,9 % sur un an. Le nombre de personnes exerçant une activité réduite courte (catégorie B) diminue de 1,6 % par rapport au trimestre précédent et celui des personnes en activité réduite longue (catégorie C) croît de 0,2 % ».

Une baisse en faveur des contrats précaires ?

L’assurance chômage a été prévue pour couvrir les personnes en situation de transition sur le marché du travail. La mise en œuvre de ce type de formule dépend toutefois de la définition même du chômage et des conditions précisées par le contrat considéré. Par ailleurs, elle ne protège pas les travailleurs de la précarité.


En dépit des inquiétudes par rapport à la hausse des contrats précaires, l’Insee se veut rassurant concernant ce phénomène et révèle une stabilisation des principaux indicateurs en début d’année. Comme l’explique le chef de la division Synthèse et conjoncture du marché du travail de l’Insee, Sylvain Larrieu :

« Le taux d’emploi en temps complet et en temps partiel et le partage entre CDI d’un côté et CDD et intérim de l’autre permettent notamment d’appréhender la précarité ».

En se basant sur ces indicateurs, les contrats précaires n’ont pas augmenté durant la période considérée. En effet, le taux d’emploi à temps partiel tend à diminuer tandis que le nombre de travailleurs à temps complet est en hausse. De plus, le nombre de CDI et de CDD est resté relativement stable.

Cependant, il n’en a pas toujours été ainsi. Les indices de précarité sont passés par différentes phases durant ces quatre dernières années. D’ailleurs, selon Sylvain Larrieu :

« La reprise de l’emploi en 2015 a été tirée par les CDD et intérim ».

Le marché de l’emploi a finalement repris depuis 2017, avec une nette augmentation des CDI sur tout le territoire. Il s’agit d’un indicateur de la pérennisation de l’emploi selon les experts. Toutefois, de 2004 à 2016, l’Insee a également remarqué une hausse significative des CDD inférieurs à trois mois.