Commercialiser des voitures électrifiées moins lourdes pour limiter les émissions de CO2 ?

En Chine, les subventions acquises dans le cadre de l’achat de modèles électriques locaux varient selon leur consommation en électricité. Quant aux autorités norvégiennes, elles ont mis en place un système de bonification des futurs acquéreurs qui inciterait les industriels à sortir des voitures moins lourdes que les précédentes.

En s’engageant dans cette démarche, elles ont déclaré avoir atteint l’objectif fixé préalablement par l’Union européenne en termes d’émission de gaz polluants, et ce, depuis 2016.

Le gouvernement français va-t-il s’inspirer des suggestions émises par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) pour aboutir à des résultats concluants d’ici 2030 ?


Une révision des conditions de production des voitures et du barème

L’Union européenne reconnaît que 50 % de la quantité de CO2 rejetée sur les routes concernent les voitures particulières. Pour y remédier, France Stratégie propose de se référer à une norme sur les niveaux d’émissions qui tient compte des caractéristiques des batteries recyclées pour accorder les aides financières.

Cette norme devrait également être rattachée à la production des véhicules au niveau local, elle-même encouragée par l’instauration d’une taxe carbone ajustée aux frontières.

Censé assister la Primature, l’organisme de concertation autonome recommande aussi d’apporter quelques modifications au barème du bonus-malus qui s’applique aux acheteurs de voitures. Il s’agit de le faire évoluer en fonction du poids des voitures également.

« C'est un dispositif qui permettrait surtout d'inciter les constructeurs à fabriquer des voitures plus légères et qui rétablirait de l'équité sociale dans la fiscalité : davantage de bonus pour « les petites voitures » sobres en énergie mais un malus sur les « tanks », y compris électriques, achetés par les ménages les plus aisés (pour une utilisation le plus souvent en solo) ».

L’objectif fixé pour 2030 peut encore être atteint

À l’horizon 2021, les automobiles qui circulent dans l’Union européenne ne devront plus émettre plus de 95 grammes de dioxyde de carbone dans l’air. Par ailleurs, d’ici 2030, les émissions moyennes devront se limiter à 60 grammes de CO2 par kilomètre. Les professionnels de l’assurance (institution de prévoyance, comparateur assurance auto, compagnie d’assurances…) prendront ces données en compte.


D’après Nicolas Meilhan, qui a rédigé une étude pour le compte de l’organisme de réflexion France Stratégie, quelques conditions devraient avoir été réunies pour s’y conformer. Les fabricants européens de voitures sont notamment supposés faire baisser annuellement les émissions moyennes de gaz polluants de 10 grammes par kilomètre. L’application de cette résolution devrait durer trois ans. Or, un tel engagement n’a jamais été pris en l’espace de 20 ans.

Depuis 2016, le niveau d’émissions n’a cessé d’augmenter, au point d’excéder les 120 grammes en 2018. Nicolas Meilhan estime donc que l’objectif fixé pour 2021 ne sera pas atteint. Les solutions fournies précédemment servent à réaliser les ambitions de l’Union européenne pour 2030, qui sont, selon lui, encore réalisables.