Depuis que le gouvernement a imposé la fermeture des établissements scolaires pour limiter la propagation du Covid-19, les élèves restent chez eux. Nombre d’entre eux ne manquent pas une seule occasion de naviguer sur Internet avec leur smartphone. Une réalité inquiétante pour les organismes associatifs qui déplorent l’utilisation de ces appareils par les plus jeunes.

En cette période de confinement, les habitudes numériques se renforcent chez les enfants comme chez les parents. Les observateurs qui recommandent à ces derniers de ne pas acheter un téléphone portable à leurs enfants reviendront-ils sur leur conseil ? En tout cas, les associations qui défendent les citoyens ne sont pas près de le faire. Elles plaident pour faire passer une loi visant à en interdire l'usage avant l'âge de douze ans.

Il reste à savoir si elles y parviendront. Ceux qui distribuent des contrats d'assurance téléphone ne l'espèrent certainement pas. Il peut en être de même pour ceux qui commercialisent des offres bancaires mobiles à destination des plus jeunes.

Une connectivité devenue indispensable, mais difficile à contrôler

Les parents apprécient particulièrement le fait de pouvoir géolocaliser leurs enfants à tout moment ou de pouvoir être appelés en cas de problème. Toutefois, ces avantages que procure le téléphone portable ne leur serviront pas avant la fin du confinement.

Les enfants, eux, profitent inévitablement de cette période pour passer des heures devant leur tablette ou leur smartphone. Après avoir visionné les cours dispensés en ligne et terminé leurs devoirs, ils peuvent discuter à leur guise avec leurs camarades sur les réseaux sociaux. Ils ont aussi la possibilité de consulter des contenus en phase avec leurs centres d'intérêt sur le Web.

La situation actuelle incitera-t-elle les parents à rappeler à leurs enfants les règles d'usage des RX-901 de Simvalley et des Kidicom Max sous leur toit ? Pour l'heure, ils ne peuvent pas les laisser jouer à l'extérieur de la maison avec leurs amis, même s'ils estiment cette option favorable à leur épanouissement.

L'interdiction du téléphone portable avant douze ans n'est pas pour bientôt

Forte exposition aux ondes, troubles de la mémoire et du sommeil, accès à des sites pornographiques... Nombreux sont les arguments avancés par les associations qui sont contre la possession d'un smartphone avant douze ans. Les problèmes de concentration et la possibilité de souffrir avec le temps de troubles psychiatriques, dont l'addiction, viennent s'ajouter à cette longue liste.

Même si l'usage des appareils mobiles peut mener à la sédentarité et à l'inactivité, les probabilités que ces associations se fassent entendre par les élus sont minces. D'une part, aucune étude n'a permis jusque-là de démontrer avec certitude les effets néfastes de l'utilisation de téléphones portables. Seuls les rapports démontrant le lien entre l'accidentalité et la manipulation de ces appareils ont fait réagir les autorités.

D'autre part, les intérêts des fabricants sont défendus par des groupes de pression particulièrement influents aussi bien sur la scène politique que sur les réseaux sociaux.