Selon le directeur général de Peugeot, le prix des voitures neuves augmentera bientôt. Cette hausse s’explique notamment par les charges assumées par les constructeurs. En effet, ils sont tenus de payer des amendes pour les modèles non conformes aux normes antipollution. Par ailleurs, les fabricants doivent développer des technologies visant à améliorer la sécurité des automobilistes.

La présentation de la nouvelle 208 a été l’occasion de faire le point sur l’évolution des tarifs sur le marché automobile pour Jean-Philippe Imparato, directeur général de Peugeot. Celui-ci a ainsi fait savoir une hausse probable de 5 000 à 7 000 euros pour le prix des modèles neufs.

Mais qu’est-ce qui explique une telle hausse ? D’abord, les nouvelles réglementations mises en place en matière d’émissions. En effet, l’application des normes WLTP et RDE aura nécessairement un coût pour les constructeurs. À cela s’ajoute le coût de la sécurité. La liste des dispositifs à intégrer sur chaque véhicule s’est en effet allongée.


Des équipements de sécurité devenus obligatoires

Assurer la sécurité de leurs véhicules a forcément un prix pour les constructeurs. Désormais, ils doivent intégrer à chacun de leurs nouveaux modèles des technologies telles que :

  • le freinage automatique d’urgence ; 
  • les alarmes anti-somnolence ou contre les distractions ; 
  • les ceintures de sécurité nouvelle génération ; 
  • le régulateur de vitesse adaptatif, etc.

Ces équipements deviendront obligatoires dès 2022. En tout, une trentaine de dispositifs devront être installés sur chaque véhicule neuf, générant ainsi un coût supplémentaire pour les constructeurs.

Selon les estimations de Jean-Philippe Imparato, pour obtenir cinq étoiles lors des crashs tests effectués de l’Euro NCAP, il faudra prévoir 5 000 euros supplémentaires par véhicule. Par ailleurs, il sera plus difficile de passer ces essais, sachant que les critères d’évaluation sont devenus plus sévères.

Vers quelle solution les constructeurs peuvent-ils se tourner ?

Les investissements réalisés dans les dispositifs de sécurité se répercuteront nécessairement sur le prix de vente des véhicules. Les acheteurs pourront néanmoins bénéficier d’une réduction de leur prime d’assurance, car ces technologies limitent les risques d’accident. Encore faut-il que l’automobiliste trouve un contrat adapté en procédant à une comparaison assurance avant la souscription.

Les constructeurs, eux, doivent désormais entreprendre les ajustements nécessaires pour se conformer aux nouvelles normes. Ils doivent aussi prévoir le paiement des coûts supplémentaires pour les émissions polluantes (CO2, NOx, CO, imbrûlés, etc.) de leurs véhicules. Les marques premium seront les premières à en faire les frais. Néanmoins, certains fabricants généralistes pourront également être sanctionnés.

Pour échapper aux amendes, l’électrification des véhicules reste la meilleure option. Or, cette solution induit aussi des coûts supplémentaires, à cause notamment des batteries. D’ailleurs, les acheteurs peuvent déjà se faire une idée du prix des voitures électriques en se référant à celles vendues sur le marché. Même le modèle le moins cher est proposé à un prix plus élevé qu’un véhicule thermique confortable du segment C.