Pour de nombreux fabricants de voitures, la commercialisation de SUV permet d’engranger davantage de bénéfices, sachant qu’il s’agit de modèles très demandés par les consommateurs. Cette tendance n’est pas près de s’achever malgré les débats sur les questions environnementales. Il n’empêche qu’ils ont, à un moment donné, fait baisser les ventes. Explications.

En quelques années, les SUV ont supplanté les grandes berlines traditionnelles. Le prix de la couverture est-il la même ? Dresser un comparatif assurance permettra d'y répondre.

Il faut néanmoins savoir que plusieurs gouvernements se penchent actuellement sur la mise en place d'une réglementation qui peut nuire à la prolifération de ces modèles. Les associations qui luttent pour la protection de l'environnement se réjouissent de cette initiative.

Les industriels de l'automobile s'inquiètent des conséquences des discussions actuelles, sachant que les principaux marchés affichent une baisse des ventes. Guillaume Crunelle, expert du marché automobile travaillant chez Deloitte, opine que les considérations environnementales y ont contribué.

Une fiscalité défavorable aux voitures comme les SUV en Europe

En France et en Europe en général, la fiscalité incite à l'utilisation de petites voitures. Les fabricants automobiles se concentrent ainsi sur cette catégorie au détriment des segments supérieurs. Guillaume Crunelle apporte quelques précisions à ce sujet :

« Dans le débat sur le SUV, il y a un principe simple qui joue en sa défaveur, c'est le rapport du poids et de l'aérodynamisme dans la consommation de carburant ».

Les pouvoirs publics encouragent désormais le recours aux voitures équipées de batterie électrique. Le défi est de trouver un équilibre entre la pénalisation des véhicules par rapport à leur poids et le développement de SUV électriques ou hybrides.


Les constructeurs ont d'ailleurs tout intérêt à intégrer ces types de motorisation à leur gamme pour réduire les émissions de gaz carbonique de leurs modèles. C'est ce qu'indique José Baghdad, qui travaille pour PwC en tant qu'associé en charge du secteur automobile.

Dans plusieurs pays européens, maintes mesures législatives à l'encontre des SUV sont en phase d'élaboration. À Bruxelles par exemple, les conducteurs de ces voitures pourraient se voir prélever une taxe d'acquisition.

Les constructeurs font des SUV un levier de croissance

Depuis vingt ans, le marché du SUV connaît un succès fulgurant, au point que la croissance s'établit à deux chiffres. En guise d'illustration, ce véhicule s'impose en incontournable des ventes en Chine comme aux États-Unis. Par ailleurs, certains industriels français (tels que Renault avec ses modèles Kadjar) ont enregistré à nouveau des bénéfices en construisant des SUV.

Si le marché automobile ralentit actuellement, José Baghdad souligne que ces voitures équipées d'un châssis surélevé ne sont pas encore touchées par ce phénomène :

« La demande de SUV reste soutenue, jusqu'à 40 % des ventes sur certains marchés, et les clients ne sont pas freinés par des considérations environnementales ».

Le spécialiste ajoute cependant que la concurrence s'est aussi amplifiée, sachant que les SUV inclus dans le segment B totalisent actuellement une vingtaine de modèles, contre trois unités en 2012 :

« Le segment du SUV est très rentable, mais, dans un contexte de concurrence accrue, il l'est moins qu'il y a cinq ans. Certaines marques ont perdu jusqu'à 5 points de marge opérationnelle sur leur SUV ».