La pandémie de Covid-19 a révélé les problématiques propres aux sociétés contemporaines. Les assureurs sont désormais confrontés à de nouveaux risques d’ordre écologique et sanitaire. Dans une tribune publiée par Les Échos, le président de la FFSAA, Jean-Laurent Granier, s’est exprimé sur les enjeux et les défis inévitables pour ces opérateurs économiques à l’issue de la crise sanitaire.

En raison des spécificités de leur branche, les professionnels de l'assurance se présentent comme des experts en matière de prévention et de résilience. Leur spécialisation s'avère particulièrement importante face à la crise sanitaire et économique actuelle. En effet, la plupart des forces en présence ne disposent pas suffisamment de visibilité pour anticiper les difficultés à venir.

Malgré les incertitudes, la reprise économique reste la priorité des opérateurs économiques et des pouvoirs publics, suite au choc provoqué par la pandémie de Covid-19 et le confinement en particulier. Cette conjoncture a toutefois révélé des failles dans le fonctionnement et la cohésion des assureurs. Il devient donc urgent de réinventer ce secteur.

Un changement de perspective nécessaire

D'après les experts, la crise du Covid-19 a récemment mis en exergue les nouveaux enjeux de la société, sur le plan social et environnemental. D'ailleurs, les problématiques climatiques et environnementales sont toujours d'actualité, en dépit de cet épisode pandémique. Les assureurs doivent donc prendre leurs responsabilités en conséquence.


Ainsi, la relance économique post-confinement doit se baser sur trois piliers, selon Jean-Laurent Granier, qui est à la tête de la FFSAA (Fédération française des sociétés anonymes d'assurances) :

  • La transition démographique, en tenant compte de la progression de l'espérance de vie ;
  • La transition écologique, en prenant conscience du changement climatique ;
  • La transition sécuritaire et sanitaire, en anticipant les nouveaux risques.

Dans le détail, la pandémie de coronavirus a fortement touché les plus de 65 ans qui représentent désormais une part importante de la population. Il devient donc impératif de tenir compte de cette transformation en soutenant le développement de la télémédecine, des services d'assistance pour le maintien à domicile, etc.

Enfin, comme l'a souligné Jean-Laurent Granier concernant la transition sécuritaire et sanitaire :

Nous devons aujourd'hui définir un régime qui puisse parer aux grandes catastrophes extérieures : fermeture administrative à la suite d'une pandémie, à des émeutes ou encore pour prévenir les effets d'une catastrophe environnementale, dans un véritable partenariat public-privé compte tenu des impacts et des sommes en jeu.

Des attentes dépassant les obligations des assureurs

Bien qu'ils soient des acteurs du secteur privé, les assureurs ont contribué au même titre que les régions au fonds de solidarité public dédié aux professionnels et aux entreprises. De cette manière, ils ont rempli leur rôle qui consiste à financer, accompagner et sécuriser la reprise économique. Ils se sont notamment engagés à investir 1,5 milliard d'euros pour accélérer la relance post-Covid. Ces fonds sont surtout prévus pour soutenir les PME et les ETI ainsi que les secteurs santé et tourisme.

Ces initiatives solidaires ne sont pas supposées menacer la pérennité des assureurs eux-mêmes. Ils sont en effet tenus de garder leur structure solide pour continuer à protéger leurs clients et participer à la dynamique de l'écosystème français. Ainsi, selon le président de la FFSAA, il est tout à fait inconcevable d'exiger de ces acteurs de dépasser leurs engagements initiaux, surtout en pleine crise. Cette protestation concerne notamment la couverture des pertes d'exploitation constatées durant le confinement.

Dans ce contexte, les professionnels de l'assurance dénoncent la tendance à considérer leurs ressources financières comme des fonds mobilisables à volonté. Pourtant, ces réserves sont indispensables pour assurer la pérennité de leur activité, dans la protection des assurés et dans la gestion des capitaux des épargnants (assurance-vie).