Dans un rapport récent, l’Insee a annoncé un léger recul (0,3 %) du taux de chômage en France durant les trois premiers mois de l’année. Cette tendance paradoxale a été constatée en se basant sur les critères du BIT (Bureau international du travail). Quoi qu’il en soit, la question du chômage nécessite une attention particulière en cette période de crise.

L'assurance chômage permet d'aider concrètement les employés à la suite d'une perte d'emploi par le biais d'une indemnisation. À la base, le système a été mis en place pour soutenir les salariés durant cette période de transition particulièrement difficile. Le dispositif a récemment été étendu aux travailleurs indépendants pour couvrir tous les aspects du monde de l'emploi.

En effet, la dernière réforme de l'indemnisation du chômage a réduit le nombre de bénéficiaires potentiels. Par solidarité, certains parlementaires militent pour l'assouplissement des nouvelles conditions en la matière, considérées comme trop restrictives. Ils visent notamment à protéger des conséquences économiques de la pandémie le plus de Français possible.

Des conditions d'éligibilité incompatibles avec la situation actuelle

En novembre dernier, l'exécutif a procédé à un durcissement des conditions d'éligibilité à l'indemnité de chômage. Dès lors, le dispositif a pris en charge moins de personnes en quête d'emploi. Cette décision a été prise dans un contexte où le taux de chômage a sensiblement baissé.

Pour bénéficier de cette aide, les salariés doivent désormais justifier au moins 6 mois de travail sur les 24 derniers mois. Auparavant, les critères requis étaient moins contraignants pour les demandeurs, avec 4 mois de travail en 28 mois.

Entre-temps, la pandémie de Covid-19 a fortement affecté l'économie française en déstabilisant la majorité des secteurs d'activité et le marché de l'emploi. Par conséquent, la réforme est remise en question par certains élus au regard des effets dramatiques de la crise sur la population active.

De leur côté, les indépendants ont droit à une indemnisation, sous condition de liquidation judiciaire. Les autorités ont mis en place ce prérequis pour réduire les risques de fraude. Toutefois, le critère en question tend à restreindre le champ d'action du dispositif. Le problème est d'autant plus flagrant dans le contexte actuel.

De nouvelles mesures s'imposent

En raison de la crise actuelle, le gouvernement a décidé de reporter le déploiement de la deuxième phase de la réforme de l'assurance chômage au mois de septembre prochain. Ce délai permettra de réajuster les changements prévus en la matière.

Comme l'a indiqué le ministère du Travail :

Au-delà des mesures de prolongation des droits, une réflexion avec les partenaires sociaux va être engagée pour adapter rapidement nos règles d'assurance-chômage à cette situation exceptionnelle.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a déclaré le 12 mai dernier que les discussions autour du chômage seront lancées dans les deux ou trois semaines suivantes. À ce moment-là, l'exécutif devrait disposer de suffisamment de recul pour mesurer l'impact de la pandémie sur le secteur de l'emploi.

Pour sa part, Pôle emploi a prévu de publier le 28 mai 2020 ses chiffres arrêtés à fin avril dernier. Ces données devraient permettre d'améliorer la stratégie gouvernementale pour redynamiser le monde du travail en cette période de crise.