L’assurance vie est une autre des victimes de la crise sanitaire et du confinement, avec une chute des dépôts, les Français ayant privilégié le livret A, leur support de placement favori pour leurs économies. Les retraits massifs et les rendements en baisse vont lourdement peser sur les performances de ce produit en 2020.

Retraits massifs sur les contrats d'assurance vie pendant le confinement

Durant les quelques semaines de confinement, les épargnants ont massivement transféré leur argent depuis leur contrat d'assurance vie, principalement vers leur livret A, considéré comme plus sûr.

Les retraits ont été tels qu'une collecte négative a été observée entre les mois de mars et mai 2020, avec un différentiel de 2,1 milliards d'euros par rapport aux dépôts en avril, son niveau le plus élevé en 10 ans. Globalement, les cotisations versées depuis le début de l'année sur les contrats actuellement ouverts ont été inférieures de 1,9 milliard d'euros aux montants qui en ont été retirés.


La Fédération française de l'assurance s'est fendue d'un communiqué indiquant que

L'écart notable entre les sommes déposés et les prestations payées par les compagnies d'assurance s'explique par le climat incertain, mais aussi la fermeture des agences depuis le 17 mars.

Seules les sociétés proposant une souscription en ligne ont profité de la situation pour conquérir de nouveaux clients.

Enfin, les rendements en baisse ont précipité le déclin des placements. D'après le cabinet de conseil en stratégie Fact & Figures,

La rémunération des fonds en euros pourrait passer de 1,4 % à environ 1 % et 1,2 % entre 2019 et 2020.

Concernant les contrats en unités de compte, malgré l'impact de la crise, les spécialistes confirment leur efficacité pour faire fructifier ses économies.

Forte croissance des dépôts en mars et avril sur le livret A

Si les Français ont sorti des millions d'euros de leur assurance vie pour les déplacer, c'est pour la sécurité offerte par le livret A, alors que l'incertitude quant à l'avenir inquiète les consommateurs. Cette préoccupation explique l'évolution de la collecte mensuelle sur cette solution d'épargne depuis mars. Au cours du troisième mois de l'année, le montant des dépôts a dépassé de 2,71 milliards d'euros celui des retraits, « l'écart atteignant alors un pic jamais observé depuis 2009 », comme le souligne la Caisse des Dépôts. En avril, un nouveau record a été établi.

Au total, environ 55 millions de personnes sont titulaires d'un livret A en France, avec une hausse de près de huit milliards d'euros des sommes épargnées.

Un succès surprenant, avec un taux revu à 0,5 % par an depuis février 2020, ce qui en fait un placement très peu rémunérateur et sans rentabilité.