Un groupe de recherche de l’Université de Stanford a récemment réussi à comprendre le fonctionnement de la mémoire des personnes âgées. Les résultats de l’étude ont notamment permis d’expliquer les différences entre les capacités mémorielles de cette catégorie de population. En définitive, ces scientifiques ont découvert une piste prometteuse pour limiter les défaillances de mémoire dues au vieillissement.

Les pertes de mémoire sont généralement considérées comme inévitables parmi la population cible des contrats de mutuelle senior. Jusqu'à présent, ce phénomène était simplement associé au vieillissement. Toutefois, le processus à l'origine de ce problème restait méconnu de la communauté scientifique. Une équipe de chercheurs américains a récemment apporté plus d'éclaircissements sur le sujet.

Ces scientifiques se sont basés sur des données d'imagerie et l'analyse approfondie de ces informations pour comprendre le fonctionnement de la mémoire des personnes âgées. Ainsi, ils ont pu découvrir les processus complexes impliqués dans le vieillissement du cerveau. Leurs travaux devraient permettre à terme d'améliorer la résilience et la longévité de la mémoire humaine.

Un test de mémoire pour mesurer l'activité cérébrale des sujets

Dans le cadre de l'expérimentation, l'équipe de Stanford a observé par imagerie le cerveau des différents participants lors d'un test de mémoire spécifique. Ce dernier a été pensé pour mesurer la capacité d'un individu à retenir des associations entre les éléments constituant un évènement en particulier. Il s'agit de la première forme de mémoire altérée par le vieillissement selon les scientifiques.


Les chercheurs ont analysé le cerveau de 100 sujets âgés de 60 à 82 ans. L'organe a été observé pendant que les seniors associaient des mots à images de lieux ou de personnages célèbres. Les participants ont ensuite effectué un test de mémoire en essayant de se souvenir de certaines images associées à des mots déjà rencontrés. Ils passaient en même temps un scan du cerveau.

Le groupe de recherche a ainsi pu mesurer et analyser l'activité cérébrale de ces personnes âgées au cours du processus mnémonique. Il a également pu découvrir les informations de mémoire intégrées dans les modèles d'activité du cerveau.

Le principal auteur de l'étude, Anthony Wagner, souligne :

C'est excitant d'avoir des outils scientifiques de base qui nous permettent de voir quand une mémoire est rejouée dans un esprit individuel et de s'appuyer sur ses processus neuronaux pour expliquer pourquoi certaines personnes âgées se souviennent mieux que d'autres.

Une avancée dans la compréhension de la mémoire

Récemment publiée dans la revue scientifique eLife, l'étude citée a démontré que les processus favorisant la mémoire chez les seniors sont identiques à ceux des jeunes. Ce constat permet d'écarter le vieillissement comme étant la principale cause des pertes de mémoire.


L'activité de l'hippocampe augmente lorsqu'une personne essaie de se souvenir d'un ou de différents évènements en particulier. Cette structure du cerveau est d'ailleurs le premier élément impliqué dans cette forme de mémorisation. Elle permet de rétablir les modèles d'activité présents dans le cortex lorsque l'expérience évoquée a été vécue.

Dans un sens, l'acte mnémonique revient à effectuer un voyage dans le temps dans les réseaux neuronaux. Le cerveau se met alors à rejouer des schémas déjà établis auparavant. En comprenant ce système, les scientifiques sont désormais en mesure d'anticiper la capacité de rappel d'une personne par rapport à des éléments en particulier.

Alexandra Trelle, membre de l'équipe de recherche de l'Université de Stanford, explique :

En fait, nous pourrions prédire si un individu se souviendrait ou non à un moment donné dans le temps sur la base des informations véhiculées dans les schémas d'activité cérébrale.

En définitive, la performance de la mémoire du sujet se traduit par une importante activité hippocampique et une meilleure relecture de ces schémas. Ce mécanisme s'avère indépendant de l'âge de la personne en question.