Les voyagistes et les experts du transport aérien ont prévenu en janvier : l’été 2022 sera marqué par un afflux massif de voyageurs dans les aéroports français et européens. Cette prédiction s’est bel et bien réalisée, au grand bonheur des compagnies aériennes… Les vacanciers, de leur côté, subissent les contrecoups de ce rush estival.

Même si les prix des billets d'avion ont grimpé en flèche depuis fin juin, les aéroports européens restent bondés. En France, la fréquentation de Paris-Orly et Paris-CDG revient à 83 % de son niveau de l'été 2019 en juillet, signe que l'ombre de la pandémie se dissipe progressivement. Les transporteurs peinent toutefois à gérer cette énorme affluence. Tout juste sorties de deux ans de crise sanitaire, les compagnies manquent de personnel et hésitent encore à rouvrir leurs liaisons les moins fréquentées. Ce déficit dégrade la qualité de prise en charge des voyageurs. Plusieurs d'entre eux envisagent réclament déjà une compensation financière.


Embouteillage de demandes de remboursement de vols

Toutes les compagnies qui desservent une destination européenne sont soumises au règlement de l'UE en matière de service et d'offre de transport aérien. En plus de l'assurance voyage obligatoire, elles s'engagent à fournir des prestations de qualité. Cela concerne aussi bien la sécurité des appareils que la régularité des vols et leur ponctualité. En cas d'annulation dans les 15 jours précédant un vol, le transporteur s'expose ainsi à :

  • Une demande d'indemnisation forfaitaire ;
  • Un remboursement des frais administratifs dépensés par les voyageurs.

Ces derniers peuvent réclamer 250 euros, 400 euros ou 600 euros, auxquels s'ajoutent les frais mobilisés lors de la réclamation. Cette compensation financière concerne aussi les retards de vol de plus de 3 heures. Les compagnies aériennes, sous pression, n'ont pas manqué de rappeler leur opposition à ce mécanisme et réitèrent leur demande en faveur de sa suppression. Dans les faits,

Les voyageurs lésés ont déjà beaucoup de difficultés à se faire indemniser en cas d'annulation ou de retards non justifiés.

Entre la demande de compensation et le remboursement proprement dit, il peut se passer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Selon l'UFC-Que choisir, ce délai d'attente risque de s'allonger, connaissant le nombre de vols retardés ou annulés cet été.

Des vols retardés ou annulés qui ont triplé en un an

L'association de défense des consommateurs s'attend à une forte augmentation des sollicitations dans les prochaines semaines, après le retour de vacances. Il est bon de noter que les prévisions d'UFC-Que choisir reposent sur le dernier rapport de RefundMyTicket, organisme spécialisé dans le traitement des demandes de compensation.

Cet été, le nombre de vols annulés ou retardés de plus de trois heures aurait triplé.

Ces liaisons représentent 3,11 % de tous les vols au départ ou en partance de l'UE. Il convient de savoir aussi que le site observe actuellement une hausse de 15 à 20 % des demandes provenant de voyageurs qui ont subi ces perturbations.